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Semaine Culturelle Amazigh

L’ Association Culturelle Amazighe d’Ottawa-Hull (ACAOH) et la fondation Tiregwa organiseront une semaine culturelle Amazigh (Afrique du Nord) du 24 et 31 Mai 2014.

Durant cette semaine, il y’aura diverses activités culturelles dont une exposition sur la calligraphie et la peinture Amazigh tout au long de la semaine, des conférences-débats sur différentes thématiques liées au monde Berbère/Amazigh, des expositions de bijoux et de tenues Amazighs, des projections de films et documentaires Amazighs et un concert de musique Amazigh en guise de la clôture de la semaine culturelle. 

La semaine débutera le Samedi 24 Mai à l’auditorium de l’université de l’Outaouais , pavillon Lucien-Brault avec une conférence sur l’histoire des berbères qui sera donné par un professeur venant de France. Il sera suivi d’un couscous de bienvenue suivi d’un défilé de mode et de projection de quelques documentaires sur le monde Amazigh. 

Elle sera clôturé par un concert musical le Samedi 31 Mai au même endroit à l’université de l’Outaouais  qui sera donné par une pléiade d’artistes venant de divers pays du monde. 

Le programme détaillé de la semaine est affiché ici: http://www.tiregwa.org/events

Il est à signaler que toutes conférences seront données en langue Française, les films et documentaires seront sous-titrés en Français. Pour de plus amples informations,merci de contacter le responsable du comité d’organisation Racid At Ali Uqasi:

 Merci à la ville de Gatineau pour son soutien.

Télécharger le programme.

Idir: agréable voyage dans l’âme kabyle

Affiche des Productions Nuits d’Afrique
Affiche des Productions Nuits d’Afrique

Idir, la légende vivante de la chanson moderne algérienne d’expression amazighe se produira le 15 mars prochain à l’Olympia de Montréal dans le cadre de la 21ème édition du festival du Maghreb. Il se produira également à Québec le 16 mars avant de partager un souper-hommage à son honneur à Ottawa organisé par la fondation amazighe  Teregwa et l’association ACAOH. Idir est né à Ath Yenni en 1949, en Kabylie. Il a donné vie à’’ A Vava Inouva’’ en 1975, ‘’La France des couleurs’’ en 1999,’’ Identités’’ en 2007 et ‘’Adrar Inu (Ma montagne)’’ en 2013. En somme, il a 40 ans de carrière à son actif. Une carrière marquée par l’authenticité de l’âme kabyle, des chants des berbères du Sud algérien, des musiques du monde et surtout d’ouverture sur les autres cultures et les nouvelles générations d’artistes de tous les horizons. Idir est une œuvre qui se renouvelle tout en demeurant elle-même, car elle est peuplée de sons du terroir amazigh et du discernement qu’il doit à sa sagesse et à sa maturité artistique et politique. Il est à souligner que le groupe Berbanya fera la première partie du spectacle.

Quelques jours avant son spectacle, l’invité des Productions Nuits d’Afrique, en collaboration avec les Productions Revel et le FCNA, a accepté de nous accorder cet entretien via le téléphone de la capitale française, Paris.

 Le 15 mars, vous allez vous produire à Montréal. Ce n’est pas la première fois que  vous veniez au Québec. Quelles sont vos impressions suite à vos passages à la métropole québécoise?

Quand je suis venu la première fois, j’ai trouvé notre communauté en pleine reconstruction et avec les habitudes du pays. J’ai trouvé également que le combat pour l’amazighité a la même puissance, mais pas les mêmes méthodes. Je l’ai trouvé plus cohérent quant aux objectifs à atteindre même si les divergences politiques persistent. Nous avons besoin d’un fédérateur qui pourrait nous réunir. D’ailleurs, ces jours-ci, j’ai rencontré Said Saadi (RCD) et Ferhat Mhenni (MAK) pour comprendre leur point de vue et surtout pour me situer dans ce combat. Il faut souligner que la liberté de l’artiste ne réduit en rien ses convictions et le fait de ne pas suivre une ligne politique donnée ne veut pas dire qu’il n’est pas prêt à donner du sien pour sa cause.

 L’année 2013 est marquée par votre retour avec un nouvel album. Idir était vraiment absent de la scène artistique ?

 Je ne le pense pas. J’ai continué à travailler mon art autrement. Il y a aussi la pression de la maison de disque sur mes épaules. Il fallait que je lui fasse un disque. J’avais une dette envers elle. Il faut rappeler que je ne suis pas venu à la chanson par vocation. Je fais partie de cette génération heureuse d’avoir réussi notre révolution, mais brimée par la politique du pouvoir qui censure sa langue maternelle. La chanson m’a aidé à exprimer mes doléances voire mes revendications. En France, j’ai chanté les thèmes qui me préoccupent comme Tiwizi, Tamazight et l’identité avec d’autres mots. Dans cet album, j’ai effectué un retour à la musique ancienne de mes ancêtres, à l’univers de ma jeunesse et aux artistes talentueux, mais méconnus du grand public.

 Si on parle de votre retour, qu’est-ce que Idir a ramené de nouveau par rapport à son premier album? Seriez-vous comme Kateb Yacine, l’homme d’une seule œuvre? Serait-il difficile de surpasser Vava Inouva?

Idir 150 (c) klaus roethlisberger
Photo de Sony Music

 

Je ne prends pas  »A Vava Inouva » comme cible. Les gens ont fixé certaines choses dans leur mémoire par rapport au premier album, car il a eu un impact très fort. Je revendique  »A Vava Inouva’,et je l’aime, car elle réveille beaucoup de choses en nous. Ce texte de Ben Mohammed a su traduire ce qu’a vécu ou senti notre peuple.

  Quels sont les thèmes qui reviennent le plus dans votre dernier album?

 Il y a trois domaines. D’abord le domaine de la rythmique qui consiste à restituer dans une chanson traditionnelle les sons tels qu’ils étaient. Il m’a fallu entreprendre de longues recherches pour retracer le timbre tel qu’il était. La chanson ‘’Said Oulamara’’ que ma mère m’a transmise est un parfait exemple de cette recherche. Donc, j’ai fait une sorte de panorama des règles de la rythmique traditionnelle kabyle avec des instruments authentiques (Tbel ou bendir et la flute) loin des instruments modernes comme la percussion. Il fallait donc préserver l’ancienne frappe et la réussir comme dans la chanson Wiz araneq. Ensuite,  j’ai repris à ma manière des chansons qui ont bercé mon enfance. J’ai adapté une chanson irlandaise du 17ème siècle ‘’ Scarborough Fair ‘’ (Targit),  et un chant du groupe de rock britannique Les Who ‘’ Behind Blue Eyes’’(Ayen i nessarem),  en leur donnant une âme kabyle avec le bendir et les accords kabyles. J’ai enfin rendu hommage à Ahcène Mezani. C’était un grand artiste kabyle qui a vécu dans les années 40 et 50 en France, mais qui aurait fini mal sa vie en Algérie en 1984. Il aimait les bals des samedis soirs. Pour ce faire, j’ai sollicité la collaboration de la sœur de mon guitariste pour Tibougharines.

Que pensez-vous de la situation de la cause amazighe?

 J’étais un étudiant révolté. J’ai grandi dans l’ambiance des thèmes en vogue comme la libération des peuples et leur souveraineté. C’était l’époque de Che Guevara. Et nous, nous luttions pour affirmer notre amazighité et la vivre. Mouloud Mammeri disait souvent qu’une identité se vit. La lute a évolué et a amplifié sa vitesse contre les gouvernants depuis les années 1980 notamment. Ceci étant dit, il ne faut dénaturer la réalité. On n’a pas été gazé en Algérie. Il faut avoir du discernement quant à cette question. Aujourd’hui, on a un passeport algérien, mais Tamazight n’est pas encore consacrée officielle dans la constitution. Aussi, on crée une chaine de télévision qui n’est autre qu’un piège  pour tromper les gens et non pas pour servir Tamazight. Cette télévision dite amazighe véhicule la religion et une planète qui n’a pas de sens. Franchement, notre culture et notre identité courent un grave danger. Je ferai mon possible pour mieux servir mon identité et lui donner toute la visibilité qu’elle mérite.

La femme occupe une place très importante dans vos chansons et ce depuis votre premier album. Pensez-vous que le statut de la femme kabyle a évolué depuis votre chanson ‘’Weltma’’ (Ma sœur) et si c’est le cas en quoi?

 En Algérie, la femme kabyle continue à subir toutes sortes de pressions. Le pire est que le voile ne cesse de prendre de l’expansion même à Tizi-Ouzou. Point de silhouettes des femmes kabyles d’antan. Le voile et l’idéologie qu’il véhicule sont en train de faire leur chemin. Notre société est matriarcale. Donc, tout passe par la femme, mais elle ne peut disposer d’un héritage de peur de déstabiliser la cellule familiale, voire le village. Cette femme qui est dépositaire de la culture et de l’identité subit les pires souffrances. D’où la contradiction flagrante. Les femmes le savent, mais elles sont aliénées. Elles font avec. D’ailleurs, même ailleurs comme dans des banlieues parisiennes, les filles réussissent mieux que les garçons, Ces derniers, pensant qu’ils ont tout, ne se cassent pas la tête et ne font pas beaucoup d’effort pour se construire.

 La Kabylie demeure, malgré les problèmes qui la rongent, une source d’inspiration pour ses enfants. L’est-elle encore pour vous ?

 La Kabylie non. Son histoire oui. Aujourd’hui, les parcours s’éloignent. Les mentalités aussi. Les codes ont changé. La liberté de culte est inexistante. Les valeurs d’avant ont disparu. Personnellement, j’ai évolué ailleurs. À l’extérieur, je travaille avec les occidentaux, les Français notamment, mais, une fois rentré chez moi, je suis en Kabylie. Le resserrement des libertés est un fait en Algérie. Le pouvoir a orchestré la décomposition de la culture et de l’éducation. Parler du ciel bleu ou du développement durable relève de la fiction. La mosquée s’occupe d’autre chose. En 1962, on s’est attaqué à la langue française pour ne pas être français, mais on a épousé la langue arabe pour être arabe ou s’allier aux Arabes. Tout ça a donné vie à une génération hybride.

 Ces 10 dernières années, Idir  associe pas mal d’artistes et de cultures dans ses productions. Pourriez-vous nous en éclairer?

 Il est vrai que quand on chante dans une langue minoritaire, on n’a pas accès à un large auditoire. Du moins il est difficile d’y accéder. Un jour, j’ai rencontré une femme chez Sony qui m’a dit : «  Il te faudrait un disque avec des gens connus et tu seras doublement gagnant. Tu auras de la visibilité et tu auras ainsi le pouvoir de parler de ta culture. » C’est ainsi que j’ai rassemblé des grands noms comme Goldman, le grand corps malade pour ne citer que ceux-là et j’ai partagé avec eux mes expériences en tant qu’artiste et en tant que Kabyle.

 Qu’est-ce qu’elle vous apporté cette ouverture en tant qu’artiste et en tant que Kabyle?

Cette expérience m’a appris également à concevoir la musique autrement que d’une façon horizontale. Les jeunes la font verticalement.

 Ces derniers temps, vous vous produisez en compagnie de votre fille. Pensez-vous que vous lui avez contaminé votre virus artistique?

 C’est un plaisir de jouer avec ma fille. Ma fille a fait également du théâtre. Aussi, montrer une jeune fille entrain de jouer du piano loin des clichés entretenus fait la différence. Je l’encourage à vivre sa passion. D’ailleurs, elle a eu un prix pour sa première composition  pour la musique de ‘’Sans ma fille’’. Elle aime la Kabylie et s’intéresse de très près aux thèmes traditionnels kabyles.

  La mère, que représente-t-elle pour vous?

 Elle représente tout. Cette femme était ma mère, mais aussi une grande poétesse. Ma mère et ma grand-mère m’avaient beaucoup influencé. J’ai vécu avec elles des moments inoubliables. Quand je revenais de l’école, même mes études je les faisais avec des bougies, elles nous racontaient des contes et des légendes. Je les ai toujours charriés. Ma mère est en moi.

  Parlez-nous de votre collaboration avec Enrico Macias?

 Il est venu me voir avec un musicien et on a échangé nos points de vue sur l’histoire des Berbères. Il m’a exprimé le vœu de chanter quelque chose en berbère. On a donc choisi la chanson ‘’Snitra’’ (Ma guitare)  et j’ai dû changer quelques mots qui sont durs à prononcer pour lui. On n’a pas le droit de lui dénier son appartenance à cette terre algérienne avec son sang et ses larmes. Il y est né. Tout n’est pas noir ou blanc. Je ne suis pas forcément d’accord avec ses idées politiques et je garde toujours ma position vis-à-vis de la question palestinienne. En démocratie, on ne peut pas avoir les mêmes points de vue sur certaines questions. Nous avions eu une collaboration purement artistique.

Dans vos œuvres, on voyage entre les traditions kabyles et l’ouverture sur l’époque et sur le monde. Comment peut-on entreprendre un tel périple en demeurant soi-même?

Idir 172 (c) klaus roethlisberger
Photo de Sony Music

 

C’est simple de suivre le fil conducteur en étant fidèles aux valeurs des ancêtres qui pourraient me conduire vers la lumière. Ça me permet de demeurer moi-même, attaché à mes racines. Je m’enrichis des autres, mais je ne change pas d’identité.

Djamila Addar

Montréal, 4 mars 2013

Visitez Taghamsa, le blog de Djamila Addar

Les liens:

http://www.festivalnuitsdafrique.com/serie/festival-de-musique-du-maghreb

http://www.festivalnuitsdafrique.com/spectacle/idir/15/mar/2013

Tiregwa (tamazgha.ca)

Association ACAOH (acaoh.ca)

Idir en spectacle à Montréal

idir

Vendredi 15 mars 2013

Configuration de la salle : Admission générale debout au parterre, sièges assignés au balcon

Ouverture des portes: 19h
Heure: 20h30

Tarifs (Taxes incluses, frais de services en sus):
Régulier: 48$ pour billets en admission générale au parterre
Enfant 12 ans et moins: 25$ pour billets en admission générale au parterre(tarif disponible pour achats téléphoniques et en personne uniquement)
Balcon: 56$ pour les billets assignés au balcon

Homme discret aux valeurs fortes, le grand poète Idir présentera un spectacle à la hauteur de ses convictions. Écrites en kabyle ou en français, ses chansons inspirées de l’identité, de l’amour, de la liberté et de l’exil ont une portée universelle. À travers plus de 30 ans de carrière, il a su captiver et séduire un public immense par ses mots et par sa musique aux sonorités entremêlées des guitares, flûtes et autres darboukas. Pas étonnant qu’on lui ait réservé une place bien spéciale au cœur du 21e Festival de musique du Maghreb!

Boussad Berrichi: «Sortir de l’idéologie entre le latin et le tifinagh»

Boussad Berrichi est docteur en Lettres de l’université de Paris. Etabli au Canada, il est professeur-chercheur dans le domaine berbère et la littérature comparée. Il est aussi l’auteur de Mouloud Mammeri, Amusnaw et l’éditeur scientifique des deux tomes de Mouloud Mammeri, écrits et paroles. Il prépare deux essais, le premier en langue tamazight sur l’œuvre de Mouloud Mammeri, le deuxième en français sur les cosmogonies amazighe kabyle et chinoise en littérature. Dans cet entretien, il nous livre sa position par rapport à la transcription du berbère, très influencée par les travaux de Mouloud Mammeri.

-Vous avez beaucoup travaillé dans vos recherches sur la question de la transcription du berbère et les travaux de Mouloud Mammeri. Quels étaient les arguments de ce précurseur pour défendre le choix de l’alphabet latin ?

Les arguments de Mouloud Mammeri sont scientifiques. DaLmulud a très bien détaillé ses arguments sur le plan technique dans sa réédition en 1988 de Tajerrumt n Tmazight aux éditions Awal-MSH. Il faut rappeler que Mouloud Mammeri a consacré toute sa vie au développement de tamazight, il est l’un des grands spécialistes, pour ne pas dire le plus grand de tamazight. La force de la «scientificité» des travaux de Da Lmulud réside en partie dans sa maîtrise de toutes les variantes de tamazight (kabyle, chaoui, chenoui, mozabite, chleuh, touareg ou tamahaght (tamachaqt), tamazirt au maroc, rifain, siwi, soussi, sennousi, etc.), mais aussi les langues méditerranéennes, tels que le latin et le grec, sans parler de ses connaissances des langues asiatiques comme le russe et le chinois sur le plan linguistique.

Donc, c’est un linguiste grammairien émérite de tamazight, qui a développé la transcription de tamazight en caractères latins. Ecrire tamazight en caractères latins, selon Mammeri, c’est permettre à la langue tamazight de rattraper le temps perdu et déconstruire les blocages historico-politiques qui ont entravé son développement. La transcription en caractères latins a plus d’un siècle d’existence, dont le précurseur de certaines bases est le grand amazighisant Si Amar Ben Saïd Boulifa. Aujourd’hui, l’alphabet latin est le plus utilisé dans le monde. C’est un alphabet universel. Même les langues les plus parlées dans le monde, sans citer l’anglais ou le français, utilisent l’alphabet latin adapté, tel que le chinois, le russe, le hindi pour tout ce qui est scientifique.

Le cas du chinois est très intéressant, car c’est la langue la plus parlée dans le monde, et pourtant de plus en plus de Chinois transcrivent leur langue, mandarin ou cantonnais, en alphabet latin. Cet alphabet est enseigné dans les écoles et universités chinoises. Enfin, l’utilisation des caractères latins adaptés en tamazight par Mouloud Mammeri repose sur des données et perspectives scientifiques et universelles dont il est plus judicieux pour les amazighophones d’adopter cette écriture universelle pour rattraper le retard accumulé à cause des ennemis de tamazight.

-Et que pensait-il du tifinagh alors ?

Pour l’alphabet tifinagh, selon Mouloud Mammeri, il faut avoir encore plus de moyens pour utiliser cet alphabet à l’avenir dans tous les domaines, mais avec l’alphabet latin comme cela se fait en Chine ou ailleurs. Il faut que les gens sortent de cette idéologie binaire, à savoir choisir entre le latin et le tifinagh. Aujourd’hui, il est question de la survie de tamazight dans tous les domaines. Il n’y a rien de contradictoire dans l’utilisation de deux alphabets, à savoir le tifinagh et le latin en même temps, le premier dans le sens symbolique, et le deuxième du point de vue pratique et scientifique. Je précise tout de même que, selon les travaux de M. Mammeri, le tifinagh a besoin de beaucoup de moyens et de temps pour se développer afin que les générations l’adoptent et le maîtrisent. Or, nous n’avons ni le temps ni les moyens.

Donc, le choix de l’alphabet latin est impératif sur tous les plans. Savez-vous que beaucoup de langues utilisent à la fois leur alphabet et les caractères latins, et certaines langues incomprises à cause de leur alphabet compliqué utilisent l’alphabet latin, c’est le cas de l’arabe. Alors, les Amazighs qui veulent avancer et aller vers la modernité doivent écouter les spécialistes de tamazight et adopter leurs recommandations et ne pas écouter les charlatans qui ne savent même pas dire ou écrire une seule phrase correctement en tamazight. Tamazight appartient à ceux qui la parlent, qui l’écrivent et la développent… et qui la rendent encore plus universelle… dont son officialisation comme langue nationale et officielle dans tous les pays africains du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye, Azawad, Niger, Iles Canaries…) est incontournable.

-Ne pensez-vous pas que trancher pour le tifinagh, comme au Maroc, c’est la seule solution rassembleuse qui mettra fin aux spéculations inutiles et permettra au berbère de se développer au niveau académique ?

Le choix du tifinagh au Maroc  laisse la place à beaucoup de spéculations, car toute imposition idéologique laisse la voie à la manipulation des locuteurs et de l’outil de transcription.

-Que disent les spécialistes de tamazight au Maroc ?

Pour eux, l’alphabet latin est le plus viable et fiable dans l’enseignement et autres domaines pour inscrire la transcription de tamazight dans la modernité. Donc, l’officialisation de tamazight au Maroc est une reconnaissance de façade pour le moment, car l’imposition du tifinagh est purement idéologique. Il n’y a pas lieu de choisir entre deux ou trois alphabets aujourd’hui, il est question d’utiliser les caractères latins modernes avec les améliorations techniques que permet la linguistique moderne, mais en même temps l’utilisation du tifinagh dans le cas du symbolique (noms des ministères, écoles, universités, édifices officiels, commerces, etc.), mais aussi l’utilisation de la langue tamazight dans tous les domaines, notamment en politique dont un ministre ou député, voire un président, doit impérativement maîtriser la langue tamazight avec les autres langues pour occuper des postes importants.

-Nous vivons à l’ère du tout numérique et il n’y a jusqu’à maintenant pas d’outils informatiques en langue berbère dignes de ce nom. A quand un vrai clavier amazigh par exemple ?

Ce n’est plus un problème ; un clavier, il suffit d’avoir de l’argent pour que Microsoft et Apple vous fournissent des claviers en tifinagh de tous genres. Or, il est du devoir des «Etats» d’Afrique du Nord de fournir des moyens financiers pour le développement de tamazight (alphabet, langue, etc.) et non de bloquer tout projet novateur pour la renaissance et le développement de tamazight.

Samir Ghezlaoui

EL Watan

Chronologie de la Kabylie et de Tamazgha

Un almanach de 310 pages traitant des dates-clés de la Kabylie en particulier et de Tamazgha en général, rédigé et auto-édité par Yidir Azwaw, vient d’être mis gratuitement en téléchargement immédiat et ce depuis le 22 janvier 2013.

Cette Chronologie fera découvrir aux lecteurs ou leur rappeler nombre d’évènements vécus par les Amazighs, les autochtones de l’Afrique du Nord. De l’Antiquité à nos jours.

Parmi ces dates clés, il y’a la conquête de Tamazgha par les Arabes, l’invasion hilalienne, la bataille de Haidaran entre les Amazighs et les Hilaliens, l’arabisation des Zenata, comment Tamazgha est-elle devenue « Maghreb arabe » et faisant partie intégrante du « monde arabe », comment le Makhzen s’est allié avec les Français pour combattre les Imazighen au Maroc, comment Ben Bella a été propulsé chef de l’État algérien par l’Egyptien Abdenasser pour contrecarrer les chefs kabyles, etc.

Ce livre ne laissera personne indifférent, un grand pavé dans la marre.
À lire absolument pour comprendre le problème identitaire qui mine les États post-coloniaux de l’Afrique du Nord !

Caractéristiques de l’ouvrage :ISBN : 9781300662853
Edition : Première Édition
Copyright : Tous droits réservés (Standard Copyright License)
Auteur : Yidir Azwaw
Date de publication : 22/01/2013
Langue : Français
Pages : 310 pages
Version disponible : eBook/PDF
Taille fichier : 4.67 Mo
Prix : Gratuit / Téléchargement immédiat sur la plate-forme LULU

source: SIWEL 252338 JAN 13

Hommage à Slimane Azem le Samedi 26 janvier à Montréal

A l’occasion du 30ème anniversaire de la mort du maître de la chanson Kabyle Slimane Azem, la fondation Tiregwa,

et pour la première fois en Amérique du nord, lui rend un hommage le Samedi 26 janvier 2013 à Montréal avec un programme riche qui comprend:

Première partie: 13h-17h

– Exposition photos et projection d’un nouveau documentaire sur Slimane Azem.
– Conférence-Débat avec Dr. Hacene Hireche, enseignant de langue et civilisation berbères à l’université de Paris VIII. Le titre de la conférence est: Clin d’œil à Slimane Azem, grand poète Si Muhendien.

– Lieu: La Société Saint-Jean-Baptiste, 82, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H2X 1X3.
– Métro: Place-des-Arts.
– Admission: Gratuite

Deuxième partie: 19h-23h30

– Gala avec plusieurs chanteurs/chanteuses, poètes/poétesses et chorales d’enfants qui vont chanter et dire Slimane Azem.
– Heure: 19h00
– Lieu : Théâtre Le Château 6956, rue Saint Denis, Montréal.
– Métro: Jean Talon.
– Admission: 15$
– Points de vente des billets:

o Salon Tikdjda: 3880 Rue Belanger, Montréal. Tél. 514 691 8222
o Les Trésors sucrés : 3640 Rue Jean Talon, Montréal. Tél.: 514 223 2174
o Tiregwa: Pour les résidents d’Ottawa/Gatineau. Tél: 613 897 7347
o Sur Place le jour du spectacle.

Il est à noter que pour permettre aux parents des enfants d’apprécier la soirée-hommage, une garderie gratuite sera disponible sur place avec des éducatrices qualifiées.

– Participants:

o Salah Ait Gherbi (Montréal)
o Zahia (Montréal)
o Rabah Kadache (Montréal)
o Farida Eldjama (Ottawa)
o Hacemess (Montréal)
o Adil Hajila (Varennes)
o Nacer Djennadi (Montréal)
o Zahir Ouali (Gatineau)
o Hakim Kaci (Montréal)
o Smail Hami/Mourad Itim (Montréal)
o Yacine Kedadouche (Montréal)
o Brahim Sedik (Montréal)
o Rezki Grim (Montréal)
o Mohand Deflaoui (Laval)
o Les enfants de l’école de Tamazight Ottawa-Gatineau (ACAOH)
o Les enfants de l’école de Tamazight de Montréal (INAS).

Qui est Slimane Azem?

Slimane Azem, est un poète et chanteur Amazigh. Il est né le 19 septembre 1918 à Agouni Gueghrane en Kabylie et décédé le 28 janvier 1983 à Moissac en France. Il quitta son village très jeune à l’âge de 11 ans pour travailler chez un colon pas loin d’Alger. Il arrive en France à l’âge de 19 ans, où il a travaillé à la Régie Autonome des Transports Parisiens. Après quelques années de travail obligatoire imposé par l’Allemagne nazie, il prend un café en gérance à Paris. Il s’y produit les fins de semaines pour chanter aux immigrés la nostalgie et les tourments de l’exil à l’instar de sa première chanson, A Muh a Muh, qui paraît dès le début des années 1940. C’est le prélude à un répertoire florissant qui s’étend sur près de 50 ans. Ses chansons traitent essentiellement des problèmes de ses compatriotes immigrés, de l’occupation française pendant la guerre d’Algérie, et de la dictature post-indépendance ou il fut très critique à l’égard du régime algérien. Il sera en conséquence interdit de diffusion sur les ondes algériennes entre 1967 et 1988. Il décède le 28 janvier 1983 à Moissac en France, où il est enterré, le pouvoir ayant interdit son retour en Algérie.

 

Conférence de M. Boussad Berrichi à Ottawa, le 2 Decembre 2012

L’ACAOH, est heureuse de vous inviter à une conférence débat avec M. Boussad Berrichi, avec pour thème  » Pourquoi faut-il parler et enseigner la langue kabyle-tamazight à nos enfants !? (Stratégies et perspectives)« . La conférence aura lieu Dimanche le 2 Decembre 2012 à 14:00 au Centre Héron. Le numéro de la salle sera indiqué sur place.

BIOGRAPHIE

Boussad Berrichi, né en Kabylie et a  reçu une éducation kabyle classique. Docteur ès Lettres (littératures comparées françaises/francophones). Universitaire-chercheur résidant au Canada. Chercheur au Canada-Mediterranean Centre à l’Université York (Toronto). Chercheur invité de la Fondation Kastler de l’Académie des sciences (France). Ses recherches sont sur : la culture et civilisation amazighes (berbères), l’Afrique du nord, les littératures francophones (Afrique du nord, Canada, Chine, France). Ces récentes recherches portent sur les premières Nations Amazighes/Amérindiennes (Afrique du Nord/Amérique du Nord) et leurs cosmogonies. Il a enseigné en Algérie, en France, puis au Canada. Il a dirigé et publié l’ouvrage collectif pluridisciplinaire international « Tamazgha (Afrique du nord) francophone au féminin » (Séguier, 2010) — préfacé par Hédi Bouraoui, publié avec le soutien du CRSH (Canada) – CELAT (Université Laval) et AUF. Auteur de : « Mouloud Mammeri. Amusnaw » (Séguier, 2009) avec une préface posthume de Pierre Bourdieu et une contribution de Mohammed Arkoun ; – et « Assia Djebar. Une femme, une œuvre, des langues » (Séguier, 2009) préfacé par Mildred Mortimer. Éditeur scientifique des 2 tomes de « Mouloud Mammeri, écrits et paroles » (Alger, éditions du CNRPAH – Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques, en 2008, réédition juin 2010). Il a collaboré à des revues universitaires et ouvrages collectifs avec des articles et contributions inter-pluridisciplinaires. En septembre 2000, il a décroché la Médaille d’Or du Grand Prix international URTI (Université radiophonique et télévisuelle internationale) à Budapest (Hongrie) /Paris (France) pour son émission « Tiggwura Igenwan » (Les Portes du ciel) en langue kabyle/tamazight à la radio kabyle Chaîne 2 (Alger) d’août 1998 à décembre 2000; producteur/présentateur de l’émission bilingue « Idles/Culture » sur Berbère télévision (Paris) en 2004 et 2005. Il a publié son premier article en kabyle-tamazight dans l’hebdomadaire « Tamurt/LePays » en 1994. Depuis les années 1990, il a collaboré à des revues et journaux (presse écrite) (Algérie, France, Canada) avec des articles grand public.

Célébration de l’ouverture du Centre culturel kabyle à Montréal

Un nouvel organisme, le Centre culturel kabyle (C.C.K.), vient d’être crée à Montréal. Sa mission est de préserver et de promouvoir la langue et la culture kabyles au sein de la communauté kabyle dans un cadre d’échanges et d’intégration interculturels.

La cérémonie d’ouverture et de présentation du Centre aura lieu dimanche le 25 novembre 2012 à partir de 14h au Centre de loisirs Communautaires Lajeunesse situé au 7378, Lajeunesse, Montréal (Québec) H2R 2H8.

Pour plus d’infos:

Contacter Mourad au 514 274-9000
www.centreculturelkabyle.com
centreculturelkabyle@gmail.com
6742 Saint-Denis, Montréal, H2S2S4, QC – 514–274-9000