Prix ACAOH 2011 «lauréats: Mass Farhat Chebini et l’association INAS»

Biographie

Ferhat Chebini est né à Sahel, commune de Bouzeguene en 1959. Après les études secondaires au lycée Chihani Bachir d’Azazga ponctuées par un Bac en sciences en juin 1977. Il a commencé ses études universitaires à l’ouverture de l’université de Tizi Ouzou au campus de Oued Aissi de septembre 1977 à juin 1978. En 1978, il a rejoint l’institut national agronomique d’El Harrach pour obtenir les diplômes d’ingénieur agronome en 1983 puis de magister en sciences agronomiques en 1987. Durant son passage universitaire à Alger il a participé à l’organisation de plusieurs manifestations culturelles, marches et grèves pour la revendication touchant Tamazigh en particulier. Dans le domaine artistique, il a côtoyé plusieurs groupes de musique, Ideflawen, Tagrawla et en particulier Mohand ouali Kezzar. Entre 1986 et 1989, il a fondé le groupe de musique «IMAL» constitué de jeunes étudiants à l’époque. Le groupe s’est séparé après la graduation de la plupart d’entre eux.

Ferhat Chebini est arrivé à Ottawa en juillet 2002 et depuis il n’a pas cessé d’animer les soirées au profit de l’ACAOH. Après quelques années en solo. Il a rejoint la troupe Tilelli pour présenter plusieurs spectacles à Ottawa et Montréal. Il a entre temps rejoint «Agherbaz n tmazight» pour enseigner au niveau primaire I et II. Durant ses années d’enseignement, il a écrit des poèmes et des pièces de théâtre interprétés par les enfants n ugherbaz n tmazight durant les soirées de l’ACAOH. Il a créé entre autres le groupe musical «Mélodies berbères» qui a participé à plusieurs manifestations culturelles : théâtre Shenkmann d’Orléans, journées interculturelles de Gatineau….etc.


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Prix ACAOH 2010 «lauréat: Mass Mohand Ouldchikh»

Biographie

Le prix ACAOH 2010 a été décerné à Mass Mohand Ouldchick pour sa contribution particulière pour la culture et la communauté amazighe au Canada en général et dans la région de la capitale nationale en particulier.

Mass Mohand Ouldchick est membre fondateur et ex-président (11/2000-03/2010) de l’association ACAOH. Il est à l’origine de la création du programme d’enseignement n tmazight et de son entrée dans le système éducatif de l’Ontario comme langue internationale. L’enseignement de tamazight se poursuit avec succès depuis une dizaine années et a permis à un grand nombre d’enfants et d’adultes de maîtriser la lecture et l’écriture de leur langue maternelle. Il a réussi à faire de l’ACAOH un exemple en termes de continuité et de constance. Il a aussi réussi à en faire à la fois un noyau solide autour duquel s’est regroupé la communauté dans la région de la capitale fédérale mais aussi une plateforme qui a permis à beaucoup de talents de la communauté de s’exprimer et de se développer.

L’enseignement n tmazight et les activités de l’association ont permis une prise de conscience par les enfants de l’importance de mieux connaître leur langue maternelle et leur culture. En plus de ses taches comme président de l’ACAOH, Mass Ouldchick a fondé, construit et géré pendant 6 années le premier site Internet de notre association qui a fait connaitre notre association dans le monde entier. Il a activement participé à la célébration des événements relatifs à la culture et causes amazighes.

Cette reconnaissance par l’ACAOH permet de souligner l’apport exceptionnel de Mass Mohand Ouldchikh dont l’engagement personnel a contribué au développement des relations entre les membres de notre communauté et de tout ce qui est en rapport avec la culture amazighe au Canada.

Prix ACAOH 2009 «lauréate: Massa Tassadit Ould-Hamouda»


Biographie

Arrivée il y a huit ans au Canada, Tassadit Ould Hamouda partage sa passion pour la culture amazighe avec les membres de la communauté et fait découvrir aux Québécois sa culture d’origine à travers sa troupe TAFSUT. Elle a surpris plus d’un par son attachement à sa Kabylie, par son sérieux et par la visibilité qu’elle donne à sa culture.
Fondée en 2001 pour la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel ancestral, la troupe TAFSUT a su par son sérieux et son dévouement se classer parmi les plus grands groupes québécois. C’est un groupe de Chants et danses de Kabylie, issu de la communauté immigrée de Montréal. TAFSUT a participé à diverses manifestations culturelles et aux grands festivals québécois. Avec ses chants et ses danses, TAFSUT essaye de faire revivre nos us et coutumes et c’est pour cette raison qu’on retrouve souvent des danses à thème dans son répertoire, telles que par exemple :

Danse Tiwizi (danse retraçant la cueillette des olives en Kabylie)Danse Thala (La fontaine)
Essendu (Brassage de lait pour extraire du beur)
La fête Kabyle, etc….

Massa Tassadit Ould Hamouda élabore des programmes et offre des services pour la communauté amazighe en invitant des artistes amazighs à se produire au Canada se voir, se rencontrer, se connaitre et s’entraider. Ne s’arrêtant pas là, elle trouve le temps d’écrire de la poésie et de réaliser des interviews et des articles pour le site kabyle.com.

Prix ACAOH 2006 «lauréat: Mass Racid Beguenan»

Racid Begnan, isem-is aqbayli Racid At Ali Uqasi, ilul ass n 28 Cu?embir 1965 di Tizi Wezzu. Yedder di t?iwant n Lzzayer, di tama n L?arrac, seg ass mi yella mezziy.

Mi d yebbi akayad n Lbak ines, deg we?ric n tusnakt, ikcem ar tesdawit n tussna d tusnamka n Bab Zwar (USTHB), deg seggas n 1983. Ikfa deg seggas 1988. Di 1990, yunag ar Fransa anda i yekcem ar tseddawit akken ad iheggi agerdas n « Phd » i-d-ifuk deg useggas n 1994. Si 1995 ar 1996, illa is?ar di tesdawit n Jules Verne di Picardie, Amiens. Di 1996 yunag-ed ar Canada, ar T?iwant n Ottawa, anda ixdem di 1997 ar 2002. Di 2002 ar tura, Racid Begnan d aselmad n tesdawit di Canada.

Deg ayen yaanan anar n tmegnest, kra isegasen kan imi ikcem ar tesdawit n Bab Zwar tluled taddukla tadelsant n Imedyazen deg 1986. D ttin lad?a i-t-id yewin ar wunar n tme?nast ?ef tutlayt d ydles Amazi?. S lmend n tiddukla n Imedyazen, i yu?al ilmed tira n tmazi?t. Annect-a ifk yas afud di 1989, i waken ad yilli ger wid id isbedden tiddukla tadelsant Mulud At Maamar, di l?uma ines, Lmu?amadiya, di L?arrac. Si 1999, ar tura yettkemmil di Canada amecwar-is n tme?nest ?ef tutlayt d ydles Amazi?, imi yella ger wid id isbedden tiddukla tadelsant tamazi?t n Ottawa-Hull (ACAOH).

Dagen ger 2005 ar 2007 Racid Begnan illa d awaziw (amekfa?u) di Tilizri BRTV, anda is3a 2 n tesgultin umi isema Akkin i La?lun?ik akk d Asquce?.Yesbedd-ed a?as n tedwilin di Canada, di Marikan akk di tmurt.

Tidak n Nna Fa

‘Tidak n Nna Fa’ ou ‘les vérités de Nna Fa’, est la première pièce de théâtre kabyle à être présentée en Amérique du Nord. Une comédie en 3 actes de Arab Sekhi.

Résumé

Nna Fa, vieille kabyle en visite chez son médecin. Quoi de plus banal? Sauf que quand des circonstances particulières transforment le médecin en confident, Nna Fa déroule devant nous la trame de toute une vie faite de beaucoup d’amour mais aussi d’abnégation, de frustration et de révolte. Elle laisse libre cours à ses vérités sur la vie sociale en Kabylie, les hommes, les femmes et sur les « temps d’aujourd’hui ».Dans un tourbillon de répliques ou ` se mêlent le rire et les larmes, Nna Fa nous promène sur tout un éventail d’émotions. De la tendresse à la nostalgie du respect à l’admiration en passant par une peu de regret d’avoir manqué de temps avec nos vieilles parentes et d’avoir ainsi manqué d’engranger des moments précieux. Dans une politesse irréprochable, une langue authentique et merveilleuse, Nna Fa nous fait réaliser que nos grand-mères ont un regard sur la vie plus lucide que nous ne le pensons. Elle nous réconcilie avec une génération dont nous n’avons pas toujours saisi la mesure et nous fait entrevoir des trésors de sagesse et de lucidité que nous avons peut être sous estimés.Beaucoup de rire, de tendresse au rendez-vous. La langue de Nna Fa, nous emmène comme un tapis volant au cœur de la Kabylie, mais aussi, dans le plus long des voyages, au fond de nos cœurs de fils et de filles.

 

Tamazight di lakul à Ottawa

Il fut un temps où, enfants, nous appelions nos camarades émigrés qui venaient en vacances “aroumi”. Ce qui signifie tout simplement “Le Français”. Cette appellation, ils ne la devaient pas au fait qu’ils résidaient en France, mais plutôt à cause de leur méconnaissance du kabyle. Ils ne s’exprimaient que dans la langue de Molière. Ce qui était diversement apprécié par les gens du village qui rejetaient tout de même la faute aux parents qui ne les avaient pas initiés à leur langue maternelle. Actuellement, les nouveaux émigrés, en France, au Canada ou ailleurs, conscients de l’enjeu identitaire que représente notre langue, ne veulent pas laisser leurs enfants en marge du développement de tamazight, bien que ce ne soit pas si simple.

Loin de chez eux, dans des pays où la population ignore jusqu’à l’existence de notre langue, nos compatriotes ont le mérite d’apprendre à leurs enfants à s’exprimer en kabyle comme leurs grands-parents. Ainsi, grâce à la volonté de certains parents, le projet d’enseignement de thamazight aux enfants kabyles du Canada est devenu une réalité, depuis plusieurs années. L’un des pionniers de l’enseignement de thamazight, en dehors de nos frontières, est Moumouh Ould Chikh, que nous avons rencontrés il y a quelques jours alors qu’il était en vacances à Aïn El Hammam, sa région natale. Moumouh Ould Chikh, à l’origine de cette initiative, a bien voulu nous en dire plus : “Tout a commencé lorsque je déménageais du sud du Canada pour m’installer à Ottawa. Chaque samedi, je conduisais ma fille à l’école où elle suivait des cours d’espagnol. Je constatai alors, que dans cet établissement, on enseignait beaucoup d’autres langues (japonais, allemand, chinois, etc…). C’est ainsi que me vint l’idée de m’informer d’abord, puis de proposer l’enseignement de Tamazight, aux responsables de l’école. Je pris alors contact avec la direction en vue d’entamer mes démarches. Le directeur des langues internationales qui ignorait jusqu’à l’existence de notre langue me demanda de fournir un dossier pour soutenir ma demande. Il fallait donner des renseignements, tels que le nombre de personnes qui communiquent en berbère et leur répartition à travers le monde. Il fallait aussi satisfaire à une condition nécessaire qui est de “prouver que derrière cette langue, il y a une communauté unie et organisée et prête à soutenir le projet et ayant un représentant”. Pour que tamazight ait une chance d’être enseignée à la rentrée scolaire 2000/2001, il restait peu de temps pour accomplir toutes les démarches. Une course contre la montre fut engagée.

“A l’époque, je ne connaissais qu’un seul Kabyle à Ottawa et je devais faire vite pour ne pas rater la rentrée. Le téléphone ainsi que le bouche à oreille fonctionna si bien que le 27 novembre 2000, la communauté berbère de la région de la capitale Ottawa, tient sa première réunion. Le projet enchanta nos compatriotes qui promirent, par solidarité, d’envoyer leurs enfants s’inscrire et suivre les cours, car il fallait au moins 25 élèves pour ouvrir une classe. Ce qui fut fait et le premier cours fut donné par Arab Sekhi le 9 décembre 2000”. Profitant de la réunion, les Kabyles présents décident alors de créer une association : l’Association culturelle amazighe d’Ottawa Hull (ACAOH). Celle-ci vit alors le jour avec Moumouh Ould Chikh comme président. Si l’enseignement de tamazight a été l’élément de rassemblement, le besoin de se réunir et de se retrouver s’en était fait sentir aussi. Parmi les objectifs assignés à l’association, nous retrouverons ces fréquentes rencontres entre nos compatriotes et leurs enfants. Les activités culturelles occupent, par ailleurs, une place de choix au sein de l’association. C’est à l’ACOAH que revient le rôle de défendre et soutenir le programme de Tamazight. L’enseignement de leur langue maternelle leur tient tellement à coeur que même en vacances au pays, ses membres restent actifs comme c’est le cas, cet été. Pour faciliter la tâche à leur responsable, chaque membre de l’association est chargé d’acheminer un carton de livres, en tamazight, vers le Canada.

Le programme enseigné aux enfants du Canada est le même que celui que nous retrouvons dans nos écoles, en Algérie. Notons que toutes les ressources pédagogiques (livres et autres) utilisés dans le cadre de ce projet, sont pris en charge par le gouvernement canadien. Il suffit au président de présenter ses factures d’achat de manuels destinés à l’enseignement ou aux bibliothèques pour se faire rembourser. C’est dire que le Canada assume bien son rôle de premier pays au monde à reconnaître tamazight comme langue internationale. Il est aussi l’unique pays où tamazight est prise en charge par le gouvernement. D’ailleurs, sur les trente modules exigés pour accéder à l’université, l’étudiant peut en présenter deux de tamazight, au même titre que ceux des autres langues.

Actuellement, deux classes de 45 élèves, dans le primaire et une autre dans le secondaire, dispensent des cours de tamazight assurés par trois enseignants et trois suppléants, à raison de trois heures chaque samedi. Il faut rendre hommage à ces enfants qui sacrifient leur samedi, jour de repos, pour suivre les cours de tamazight. Cela ne va pas, non plus, sans perturber l’emploi du temps de leurs parents, obligés de les conduire à l’école tous les samedis, de septembre à juin. Il faut reconnaître que nos compatriotes de là-bas ont inculqué à leur progéniture les valeurs et la culture de leur pays d’origine. Les adultes désireux de s’instruire sont aussi bien accueillis que les jeunes. L’exemple de Na Zahra que nous avons vu sur BRTV est édifiant. Accompagnatrice d’un enfant, la première année, elle a réussi à lire et à écrire l’année suivante, alors qu’elle était illettrée auparavant. A 60 ans, il faut le faire ! Une exemple à méditer.

Nacer Benzekri
La Dépêche de Kabylie : N° 1306
Édition du Dimanche 17 Septembre 2006

La littérature kabyle

La littérature kabyle ancienne était une littérature essentiellement orale ; intimement liée à la vie sociale, elle se ramifiait en plusieurs genres : la poésie, le conte, les chants de travail (chants des travaux agricoles, chants de la meule…), chants rituels, proverbes, devinettes, comptines…
Parmi ces genres d’inégale importance, la première place revenait à la poésie. Une part non négligeable de cette production poétique était villageoise et anonyme mais cette poésie pouvait aussi être l’œuvre de poètes reconnus (af?i?, if?i?en) comme Youcef ou Kaci (Yusef u Qasi). Outre ces poètes créateurs, existaient des poètes transmetteurs (amedda?, imedda?en) ; ceux-ci faisaient circuler des répertoires qu’ils avaient mémorisés de village en village, de tribu en tribu. Avant la conquête française, ces poètes quel que soit leur statut étaient des poètes itinérants.
A l’intérieur de ce genre dominant qu’était la poésie, on pouvait distinguer deux sous-champs :
– La poésie religieuse comprenait un répertoire probablement très ancien de long poèmes (taqsi?, tiqsi?in) évoquant des personnages bibliques (Abraham, Moïse, Joseph, Job…) et de l’Islam (le prophète Mohamed mais aussi et surtout Ali) – (Cf. Mammeri, 1980). A ce répertoire, s’ajoutait une veine de poèmes édifiants (ddker, de l’arabe dikr :  » évocation du nom de Dieu »). Ces longs poèmes hagiographiques sont encore vivants dans la mémoire, en particulier dans les milieux religieux ; quant aux poèmes édifiants, ils constituent une veine très abondante, alimentée par des producteurs le plus souvent anonymes. Dans certains villages, ces poèmes sont encore régulièrement chantés par des chœurs féminins et masculins lors des veillées funèbres.
– La poésie profane présentait une thématique très diversifiée : référence au code de l’honneur, aux valeurs guerrières, poésie satirique, gnomique ; la poésie lyrique, bien qu’elle ait constitué une veine très productive, n’accédait que difficilement à l’espace public.

La conquête française et les profonds bouleversements qu’elle entraîna (violence de la conquête militaire, déstructuration du tissu tribal, important mouvement migratoire vers les villes algériennes et vers la France) eurent des incidences très nettes sur le champ de la littérature : certains genres, sans avoir totalement disparus se sont essoufflés ; c’est le cas du conte, des chants rituels, proverbes, comptines. Ces genres, bien qu’ils soient encore vivants, sont aujourd’hui très peu productifs. En réalité dans ces profonds bouleversements, seule la poésie a réellement survécu ; elle a réussi à traduire aussi bien la violence du choc colonial que les profondes mutations qui s’ensuivirent. Les Poésies populaires de la Kabylie du Jurjura collectées par Hanoteau (1867) sont une véritable chronique de la conquête vue par les Kabyles ; quant à Si Mohand, le poète errant, il rendit compte avec fidélité de la période qui fut perçue par les Kabyles comme la fin d’un monde.

Enfin, une des conséquences indirectes de la conquête française fut l’appropriation de l’écrit par les élites autochtones formées à l’école ; cette appropriation donna naissance à une littérature écrite. L’émergence de cette littérature fut un processus long et complexe : entre la Méthode de langue kabyle de Saïd Boulifa en 1913 et le premier roman – Asfel de Rachid Aliche – paru en 1981, près de 70 ans se sont écoulés. Les premiers instituteurs, comme Boulifa, Ben Sedira…, avaient produit à l’écrit des textes ethnographiques ; ils avaient aussi fixé des textes de littérature orale (ce fut le cas des poèmes de Si Mohand collectés et publiés par Boulifa), mais ils n’avaient pas produit des textes littéraires.

Le premier auteur de textes littéraires écrits fut Belaïd Aït Ali ; celui-ci, mort prématurément à 39 ans en 1950, fut l’auteur d’un seul ouvrage que le Fichier de Documentation Berbère (Fdb) publia en 1962 sous le titre : Les cahiers de Belaïd ou la Kabylie d’antan. Cet ouvrage est en réalité un recueil de poèmes (isefra), de contes (timucuha) et de « nouvelles » (amexlu?). Les textes figurant sous la rubrique amexlu? (mélanges) s’apparenteraient à ce que l’on pourrait appeler des scènes de la vie quotidienne en Kabylie, une version anticipée et écrite en kabyle de Jours de Kabylie de Mouloud Feraoun. Amexlu? signifie ²mélange² d’éléments divers ; la difficulté d’une dénomination précise rend bien compte du caractère nouveau de ce genre, c’est pourtant ce genre difficile à dénommer qui préfigure ce que seront les nouvelles formes de production littéraire écrite. Analysant cette situation de transmission, Paulette Galand-Pernet écrira en 1973 : « Ce que prouvent Boulifa et Belaïd Aït Ali, c’est qu’une œuvre de longue haleine est possible. Si l’on n’a encore vu paraître aucun roman en berbère, cela tient à des raisons économiques et sociales et non à un manque de moyens littéraires » (Galand-Pernet 1973 : 318).

C’est le début des années 1970 qui constitue un véritable tournant pour la littérature kabyle qu’elle soit orale ou écrite. La néo-chanson s’est imposée avec des noms comme Idir, Aït-Manguellet, Ferhat, Matoub Lounès, le groupe Djurdjura… Il s’agit de chansons à textes ; à la différence des poètes traditionnels, les auteurs contemporains écrivent leurs poèmes et la langue de cette poésie moderne tout en réactivant des archaïsmes, des métaphores et des motifs anciens, puise à des degrés divers dans la néologie.

Pour la littérature écrite, la tendance qui consiste à produire dans la langue et non pas seulement à y fixer des textes oraux devient irréversible, étendant ainsi l’écrit à des domaines tout à fait nouveaux : littérature, production de lexiques spécialisés (mathématiques, informatique, linguistique, histoire…), traduction, presse. De tous ces champs investis par l’écrit moderne, le champ de la littérature est sans contexte le plus important. C’est la néo-littérature qui a servi et qui sert encore de laboratoire à cette langue en gestation. Dans ce champ littéraire complètement renouvelé depuis le début des années 1970, on notera la traduction d’œuvres algériennes (Kateb, Feraoun), étrangères (Brecht, Beckett, Molière), la naissance de genres littéraires nouveaux tels que le théâtre, la nouvelle, le roman.

Le théâtre est lié au nom de Mohand-ou-Yahia qui fit œuvre de pionnier à partir du début des années 1970 par ses traductions-adaptations d’œuvres de Brecht, Kateb, Molière, etc. Avec la chanson le théâtre constitue un véritable pont entre l’écriture et l’oralité.
A la même période, en 1981, Asfel de Rachid Aliche annonce la naissance du genre romanesque.

C’est dans la littérature écrite que la langue est investie comme un véritable laboratoire. Cette langue, dans laquelle s’expriment de profondes fractures et une ultime lutte pour la survie, est en même temps malmenée et jalousement préservée. Cette langue est en effet traversée par une profonde dynamique qui touche d’abord le lexique par l’intégration importante de néologismes et à un degré moindre la syntaxe : l’interférence avec la syntaxe du français constitue une tendance lourde pour le kabyle écrit en général ; sans échapper totalement à cette tendance, la langue de la néo-littérature est relativement épargnée quant à la prégnance des calques syntaxiques.

Sur le plan du contenu, un thème majeur traverse comme une lame de fond l’ensemble de cette néo-littérature qu’elle soit orale ou écrite : il s’agit de la contestation politique et de la quête identitaire. La poésie de ces trente dernières années, aussi bien que la production romanesque porte une « charge » de contestation d’une rare virulence à l’égard de l’Etat. La thématique de la contestation n’est pas née ex nihilo : le thème de la résistance a toujours été fortement présent dans la poésie kabyle (Cf. Benbrahim 1982 ; Chaker 1989) ; le lien entre poésie et résistance était si nettement perçu pendant la période coloniale que la circulation des poètes était très sévèrement surveillée après l’insurrection de 1871. La fronde contestataire des poètes contemporains est dirigée contre l’Etat algérien en raison du déni identitaire. C’est dans ce contexte que la quête identitaire occupe une place prépondérante : cette quête, rendue par des moyens différents, est omniprésente dans les romans de Rachid Aliche, de Saïd Sadi, de Amar Mezdad ; elle peut revêtir dans un roman comme Asfel (R. Aliche, 1981) des formes pathétiques.
Un autre thème lié aux deux précédents sous-tend en particulier la production romanesque, il s’agit du thème de l’éclatement : à l’image de la culture à laquelle ils appartiennent, les héros de ces romans sont des hommes en crise dans une situation de crise. Cet éclatement, symbolisé dans les romans d’Aliche par l’image de l’amphore brisée, fait mener les héros jusqu’au suicide. Dans le roman d’Amar Mezdad, i? d wass (Mezdad 1990), c’est la frêle silhouette de la vieille mère qui assure le lien entre hier et aujourd’hui, le village et la ville, c’est elle qui assure la permanence entre ces profondes fractures, évitant ainsi l’éclatement.
Cette thématique, bien que très actuelle, prend solidement ancrage dans la symbolique berbère. C’est cette capacité de se projeter dans l’avenir sans se déraciner qui fait l’originalité de la littérature kabyle aujourd’hui.

Bibliographie

Aït Ali (Belaïd), 1962 : « Les cahiers de Belaïd ou la Kabylie d’antan » in Fichier de Documentation Berbère (Fdb).
Aliche R., 1981 : Asfel (roman), Mussidan, Lyon.
Aliche R., 1986 : Faffa (roman), Mussidan, Lyon.
Basset H., 1920 : Essai sur la littérature des Berbères, Carbonnel, Alger.
Benbrahim-Benhamadouche M., 1982 : La poésie populaire kabyle et la résistance à la colonisation de 1830 à 1962, Paris, Ecole Des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Ehess) ; Thèse de Doctorat sous la direction de Camille Lacoste-Dujardin.
Boulifa (Si Amar ou Saïd), 1913 : Méthode de langue kabyle (2ème année) étude linguistique et sociologique sur la Kabylie du Djurdjura, Jourdan, Alger.
Bounfour A., 1999 : Introduction à la littérature berbère I : la poésie, Peeters, Paris – Louvain.
Chaker S., 1982 : « Structures formelles de la poésie kabyle » in Actes de la table ronde « Littérature orale« , Crape – Opu, Alger.
Chaker S., 1987 : « Documents sur les précurseurs. Deux instituteurs kabyles : Si Amar ou Saïd Boulifa et M. A Lechani » in Romm, 44, p. 97-115.Edisud, Aix-en-Provence (sous la direction de Salem Chaker).
Chaker S., 1989 : « Une tradition de résistance et de lutte : la poésie berbère kabyle. Un parcours poétique » in Rmmm, 51, p : 11-31. .Edisud, Aix-en-Provence (sous la direction de Salem Chaker).
Chaker S., 2001 : « Boulifa Si Amar ou Saïd (1865-1931) : le grand précurseur berbérisant » in Hommes et Femmes de Kabylie, p : 119-123 . Edisud, Aix-en-ProvenceIna-yas, Alger.
Galand-Pernet P., 1973 : « Tradition et modernité dans les littératures berbères » in Actes du Premier Colloque des Cultures Méditerranéennes d’Influence Arabo-Berbère, Sned, Alger.
Galand-Pernet P., 1998 : Littératures berbères. Des voix. Des lettres, Presses Universitaires de France (Puf), Paris.
Hanoteau A., 1867 : Poésies populaires de la Kabylie du Jurjura, Imprimerie Impériale, Paris.
Lacoste-Dujardin C., 1970 : Le conte kabyle. Etude ethnologique. Maspéro, Paris.
Mammeri M., 1969 : Les Isefra, poèmes de Si Mohand ou Mhand, Maspéro, Paris.
Mammeri M., 1980 : Poèmes kabyles anciens, Maspéro, Paris.
Mammeri M., 1990 : Inna-yas Ccix Mu?end, Cheikh Mohand a dit, édition Inna-yas, Alger.
Merolla D., 1997 : Gender and Community i the kabyle literary space. Research School, Cnws, Leiden.
Mezdad A., 1990 : I? d wass (roman), édition Asalu – Azar, Alger.
Mezdad A., 2000 : Tagrest ur?u (roman), édition Ayamun, Béjaïa.
Sadi S., 1983 : Askuti (roman), Imedyazen, Paris.
Yacine-Titouh T., 1988 : L’izli ou l’amour chanté en kabyle, Maison des Sciences de l’Homme (Msh), Paris.
Yacine-Titouh T., 1989 : Aït-Manguellat chante, La Découverte – Awal, Paris.
Zenia S., 1995 : Tafrara Aurore (roman), L’Harmattan – Awal , Paris.
* [Extrait de Encyclopédie berbère, XXVI, 2004]

Source: Inalco (consulté le 02 janvier 2007)

par Dahbia ABROUS, Maître-Assistante à l’Université de Bougie

Tamazight Language Profile

I. The Tamazight language and the Amazigh people


Tamazight or Amazigh language1, also referred to as Berber in western literature, is the language spoken by Amazigh people, the indigenous of Tamazgha (North Africa plus Mali, Niger and the Canary Islands). Before the arrival of the Arabs in that region, which started around the mid-seventh century, Tamazight was spoken all over the area stretching from the Siwa Oasis in western Egypt, extending westward to the Canary Islands through Libya, Tunisia, Algeria and Morocco and from the northern coast of the Mediterranean Sea extending southward to Mauritania, Mali and Niger.

Tamazight belongs to the African branch of the Afro-Asian language family, also referred to as Hamito-Semitic in the literature, along with ancient Egyptian and other African languages such as the ones called Cuchitic and Chadic languages, as opposed to the oriental or Semitic branch constituted of semitic languages. Ancient Egyptian is somehow disputed between these two branches (see Vergote, 1970). The question as to whether these languages started in Africa or the Middle East along with the Semitic languages is still controversial and goes beyond the field of linguistics since it involves archaeology, as well as pre-history and paleontology. Although the oriental hypothesis had long prevailed, recent research has brought to new evidence favoring the African alternative hypothesis (Hachid, 2000). It is too early even today to take any hypothesis for granted as more research has to be done in this field. Given the similarities, the possibility that the substrata of these languages are African with an important eastern influence from Semitic languages is the most plausible, although a western influence of Semitic languages from the African branch, namely Egyptian, is not to be excluded.2

It is difficult to put forward any number evaluating the Tamazight-speaking population because no census taking this question into consideration has ever been made in any country in North Africa since decolonization. Tamazight is still spoken today in all the aforementioned countries, with the exception of the Canary Islands, where a cultural movement claiming the revival of Tamazight is growing. Besides Tamazgha, one has to mention the Amazigh Diaspora in Europe and North America, where the Amazigh community is important.

The areas where Tamazigh is spoken are not continuous. Rather, they constitute more or less large islands distant from one another, interrupted by large arabized zones. As a result, Tamazight has survived mostly in somehow naturally ‘protected’ areas. The zones where it is spoken today are either desertic or mountainous while most of the plain zones were arabized. The lack of contact between these areas has led to an important dialectalization process. However, the nature of the dialectical variation is more phonological and lexical than syntactic (grammatical).

Except for the varieties spoken in central Morocco, which has always been referred to as Tamazight, and those spoken by the Tuareg populations, referred to as Tamachaq or Tamajaq3, most other dialects were renamed, locally referred to by names the Arab tribes gave to those areas and their inhabitants when they arrived there.

Morocco: there are three important Tamazight-speaking areas in Morocco. The variety spoken in the Riffian mountainous area (including Ayt Werrayghel, Beni Zennasen, El Hoceima, etc.) is referred to as Tarifit. This variety also includes the form spoken in Melilla and Ceuta, two enclaves located in the Riffian area, which belong to Spain. Heading south, we come across another important Tamazight-speaking area in central Morocco, stretching all along the mountainous Middle Atlas zone. Further south and west is the domain of another variety, referred to as Tachelhit, occupying the Anti-Atlas mountain area and the plains from Sous, stretching from Agadir down to Ifni on the western coast, going as far east as the Draa. The High Atlas mountains somehow represent an intermediate area between the domains of central Moroccan Tamazight and Tachelhit.

In Algeria: the Tamazight-speaking zones in Algeria are less homogenous than in Morocco. Starting from the north, Kabylia represents one of the most important areas where the language is still in use. This is also the area where linguistic and cultural awareness has highly developed among the population. The Kabylia region contains four full administrative departments, Tizi-Ouzou, Bgayet (or Bejaia), Bouira and Boumerdes, although there are some parts in the two latter departments affected by the arabization process. Kabylian Tamazight is also in use in another department, Setif, which borders Bgayet, and more precisely in At Wartilen, Bougaa and the surrounding areas. It is also spoken in the Chenoua region, from Cherchel to Tipasa, located in another department (Tipasa) and, as one heads south, in Haraoua, Metmata and Bel Halima, situated west of Algiers.

The next important area where the Tamazight language is spoken and which we come across as we are heading southwest from Kabylia is another mountainous region, bordering Tunisia, called Aures (Batna and Khenchla). The variety spoken there is locally referred to as ‘Tachawit’.

Other different Tamazight varieties are spoken in many other linguistic islands scattered in different areas such as the south Oranian region, called the Mountains of the Ksours, close to the Algero-Moroccan borders (Ain Ssefra, Figuig, Bechar, etc.) and Algerian Sahara (Mzab, Tougourt, Gourara and Touat and Tidikelt). Further south is the land of the Tuareg, a desert area which stretches into Mali and Niger.

Land of the Tuareg: The Tuareg are among the few Amazigh people to have kept using the name Tamazight, which as we said earlier is the original name of the language, although it is sometimes phonologically altered to Tamachaq, Tamajaq or Tamahaq depending on the area. Accordingly, the people refer to themselves as Imuhagh / Imuchagh / Imujagh, meaning ‘Amazigh people’ or as Kel Tmajaq / Tmachaq / Tmajaq meaning the people belonging to (speaking) the Tamazight language.

Among the areas where the Tuareg people live are the Hoggar and Tasili n Ajjer (in Algeria), and in the mountainous zones of Ayir (in Mali) and Ifoghas (in Niger). The land of the Tuareg also includes an important part in southern Libya, the zone stretching from Ghat to the vicinity of the Fezzan region, as well as some smaller zones in Mauritania and Senegal.

There are three more distinct zones where Tamazight is spoken in Libya besides that within the land of the Tuareg. Starting from the west, the zone called Ghadames, close to the southern Tunisian borders, is almost the continuation of the Ghat, yet with a different dialectical variety. The other zones in Libya include Nalout and Yefren in the Nefousa mountain area in the north, close to the southern border of Tunisia; Zouara on the north litoral; Sokna, and El Fokaha and Awdjila in the east.

In Tunisia, Tamazight is spoken in at least six villages located in the Ksours region, such as in Ghoumarassen, a village located about 300 km from Tunis, stretching south to Majora, Sened, Matmata, Zrawa, Taoujout, Tamezret, Chenini, Douirat and Foum Tatawin, as well as in the island of Djerba.

Unfortunately, the Tunisian government has always adopted strategies that end up forcing the inhabitants to leave these areas. As a result, Arabic-speaking investors take over the most touristic places, while the Amazigh move to already arabized areas.

In Egypt, the Oasis of Siwa is the only zone where Tamazight is spoken in Egypt. The contact between Egyptians and the Amazigh people goes as far back to antiquity as before 950 B.C. By that date, after the Pharaoh Psousenness II had died, an Amazigh4 called Sheshonq I became the Pharaoh of Egypt and ruled from (945-924 B.C.). Sheshonq I, the founder of the 22nd dynasty established his capital city in Bubastis. His dynasty lasted 191 years before it came to an end shortly after the death of Sheshonq V (767-730). By that time, the Amazigh dynasty had many difficulties and Osorkon IV’s rule, son of Sheshonq V who succeeded, was restricted to his home city Tanis and the dynasty’s capital Bubastis. Three millenniums later, the Amazigh presence in Egypt is still maintained by the small Oasis of Siwa where the most eastern variety of the Tamazight language is still in use.

II. A politically hostile environment

In all the above mentioned countries, the Tamazight language is facing an extremely politically hostile environment. Mali and Niger are the only countries where the local varieties are recognized as ‘national’ and the governments have tentatively accepted to cooperate with UNESCO agencies to implement their programs of illiteracy elimination programs and help settle the nomadic population. However, the Nigerian and Malian governments have always remained hostile to any further political concession and recognition. Things are even worse in North African countries (Algeria, Morocco, Tunisia, Libya and Egypt) and Mauritania where the language and human rights of the Amazigh are even denied. The arabo-nationalist regimes have always made it clear that no other identity, language and culture other than Arab would be given any official recognition. A policy of Arabization has been whose main objective is to erase Tamazight language, identity and culture. Despite the superficial ‘softening’ of this policy in Algeria and Morocco by accepting Tamazight to be introduced in some universities, the Amazigh population is convinced that the objectives and the opinion of the arabo-islamist regimes have not changed at all.

Tamazight does not have the same chances of survival in all the above-mentioned countries, not because of the nature of the regimes, all of them being equally hostile to the Tamazight language, culture and identity, but because of their numbers. While the Tamazight-speaking population is relatively high in Morocco, Algeria, Mali, Niger and Libya, it is much less so in Tunisia and Egypt, where the regimes are just waiting for its extinction. In all these areas, Tamazight has miraculously survived orally in an extremely hostile political environment. Not until very recently did the Amazigh activists start to provide it a written status. The hope is, however, permitted everywhere since the identity and cultural awareness has grown to its utmost point.

III. Tamazight morphorphology, syntax and phonology


In the present section we are going to provide some data regarding the lexicon, word order and phonetics of Tamazight.

III.1. Phonetics: Tamazight has 41 basic sounds, 3 vowels and 38 consonants.
Vowels: except from the Tuareg varieties which have developed some extra long and short vowels, Tamazight has only three (3) which are: i, u, a.

Schwa: noted as e but is not considered as a vowel.
Besides these vowels, almost all varieties have introduced the neutral vowel called schwa ?.

Consonants: the 36 consonants in use in tamazight are classified as follows:

 

Plosives

b d m t k g q ? (for ?), ? (for ? )
? ? ? ? ? ? ? (pharangealized or ‘emphatic’ consonants)
Fricatives f s z ? x ? h (for a laryngeal) , ? (pharyngeal h).
Labialized kw gw qw ?w
Nasal m n
Laterals l
Thrill r
Semi-vowels y, w (their status being between that of a vowel and that of a consonant.)
Geminates are noted by doubling the corresponding sound, dd tt gg kk qq but are not listed in the alphabet.

III. 2. Lexicon: the lexicon constitutes one of the important domains of dialectic variations among Tamazight dialects. Besides the basic Amazigh lexicon, there are a lot of loans from Arabic, French and Latin. In the Nigerian and Malian Tuareg varieties one can find loans from Haussa and Bambara respectively. Loan words are morphologically integrated in the Tamazight word structure.

III.3. Morphology: Unlike Germanic languages such as English, Tamazight is not a concatenative language. That is, the morphemes conveying grammatical information such as tense, gender, number and person, etc. do not constitute autonomous affixes. Such elements rather appear as amalgamated phonemes, vowels more often, within words.

III.4. Words: words are constituted with a consonantal root and thematic vowels. The consonantal root conveys the semantics (meaning) while the thematic vowels convey grammatical information. For instance, a root such as M?R conveys the meaning of aging, growing old, being elder, etc. It’s combination with other elements will give the following derivations among many others:

m?ar: elder (among the old),
ad yim?ur: he will grow up,
meqqer 5: he has(or is) a grown up,
ameqwran: the elder (among the youth).

III.5. Gender: Tamazight morphology makes a distinction between feminine and masculine.
Masculine: the masculine form corresponds to the neutral form of the word. This neutral form is interpreted as masculine6 by default, namely as opposed to the feminine form.
Feminine: the feminine form is indicated by a double t—t affix (the prefix t- and the suffix -t ). The feminine equivalent of the word am
?ar above is tam?art. However, there are some words whose feminine form contains only the prefix t— such as tarwa (progenitors), tasa (liver).

III.6. Number: both singular and plural forms are used in Tamazight for both masculine and feminine. There are two ways of forming the plural, the regular and the irregular. The former is obtained by alternating the initial vowel of the word and by adding the suffix -n (-in for feminine) to the singular form. The latter is obtained by altering two vowels, the initial one and an other situated within the word. These two ways are exemplified below:

 

regular form singular plural
masculine am?ar (elder) im?arn (elders)
feminine tam?art (elder) tim?arin (elders)

 

irregular form singular plural
masculine asaru 7 isura
feminine tasarut (key) tisura (keys)

III.7. Word order: Tamazight is a basically Verb-Subject-Object language [see (a) below]. The SVO order is possible but it is not the basic order [see (b)]. Because of its rich inflexion, the subject may morphologically absent [see (c)].

 

a. yeswa weqcic aman
Drank the boy water (for the boy drank water)
b. aqcic yeswa aman
The boy drank water
c. yeswa aman
Drank water (for the boy drank water)

III.8. Pronouns: Tamazight has different series of pronouns. All the pronominal paradigms contain ten (10) different pronouns as given in the following table8:

Independent9 Affixes10
paradigm subject direct indirect possessive
1s. Nek (or nekkini) -yi -yi -iw
2s.m. ke?? (or ke??ini) -k -ak -ik
2m.f. kem (or kemmini) -kem -am -im
3s.m. netta -it -as -is
3s.f. nettat -itt -as -is
1p. nekwni -a? (ana? ) -a (ana?) -nne?
2p.m. kwenwi -ikwen -awen -nwen
2p.f. kwennemti -ikwent -akwent -nkwent
3p.m. nitni -iten -asen -nsen
3p.f. niteti (nitenti) -itent -asent -nsent

 

III.9. Dialectic variation: besides vocabulary differences which should be seen as originally reflecting lexical richness, the most important criterion of dialectic variation is phonological. The different varieties of Tamazight may be classified into three different groups: plosive, fricative and affricate dialects. The latter refers to the dialects that have kept the original plosive sounds as plosives (mainly Tachelhit or Tuareg varieties) while they have evolved into fricatives (Kabylian, central Moroccan Tamazight and Tachawit among many others) or even affricates (mainly those referred to as Zenete in the literature among of which Tumzabt and Mauritanian varieties) in the two latter.11 The group that is characterized as affricate has phonologically gone a lot further. Some varieties such as Tarifit are difficult to classify as they have already moved from the fricative status but not enough to consider them as affricate. These differences do not reflect country boundaries but are older and prior to the constitution of the present different States. In Algeria for instance, all these three varieties coexist. These differences reflect the classification of inhabitant groups very often referred to as the Masmouda, Sanhadja and Zenete in the literature.

IV. The alphabets in use

Three different alphabets have unequally been used in Tamazight: Tifinagh, Latin and Arabic.

IV.1.Tifinagh, the Amazigh script system: Tamazight language has never been promoted officially. Neither by the Amazigh kings (Massinissa, Juba, etc.) at the time they were ruling Tamazgha, nor intellectually by the numerous Amazigh philosophers such as St. Augustine, Tertullien, or Apulée to mention but a few whose contribution to the western civilization is erroneously considered as Greek or Roman. Until very recently and with minor exceptions, Amazigh authors had always written in foreign languages but not in their own. Nevertheless, Tamazight did possess its own system of writing called Tifinagh, which is still in use even today among the Tuaregs. However, its use was restricted to tribute inscriptions on memorial stones or epitaph stones or epitaphs. The name Tifinagh is itself close to the way the feminine plural form of the word Phoenician is pronounced in Tamazight. However, this is not taken as proof that the script system itself derived from the Phoenician. Specialists refer to the old version of Tifinagh as Libyc or Libyan to distinguish them from the Tifinagh in use, for instance, among the Tuareg. The ancient inscriptions found all across North Africa, including the Canary Islands12, clearly show that we are dealing with two distinct varieties of old Tifinagh. It is agreed that the North African eastern variety of Tifinagh had come under Phoenician influence, but not its western variety. This led some specialists to conclude that the western variety must have existed prior to the arrival of the Phoenicians in North Africa (Février, 1959). So far, the earliest attested inscription to have been dated goes back to 138 B.C. and was found in Thugga (today’s Dougga, in Tunisia). The inscription is a tribute to the Amazigh king Missibsa. The system did not take vowel sounds into consideration; therefore only consonants were represented.

IV.2. Writing Tamazight today: there has been many attempts to adapt the Tifinagh characters to modern usage, namely by introducing new symbols in order to take vowel sounds into consideration. Although the use of Tifinagh may be considered relatively widespread among Amazigh activists in North Africa, the bulk of the existing literature is written in a Latin script system. The latter has been widely adopted in scientific, literary, schools and university circles, both in North Africa and in Europe. It is also the system that was officially adopted in Mali and Niger and more recently by the HCA13 (High Agency for Amazighity), an official and state sponsored institution in Algeria. Besides Tifinagh, attempts were made to write the Tamazight language in Arabic characters. However, the use of the latter was mostly restricted to Muslim religious circles.

by Karim Achab
University of Ottawa
November 2001


Notes

1. We use the form Tamazight, feminine singular, to refer to the language as a noun and the form Amazigh, singular rather neutral than masculine, as an adjective.
2. For a very recent view of this question, see M. Hachid (2000).
3. The same name as Tamazight with the difference that the sounds /z/ and /gh/ have become /ch/ or /j/, and the sounds /gh/ + /t/ has become /q/.
4. Referred to as the Lebou in the ancient Egyptian literature. The word Lebou is only a variant of Libyan, another name under which the eastern Amazigh (today’s Libyans) were designated.
5. The velar sound qq here of the gemination of the velar
?.
6. A default masculine as the morphology of the word does not, however, contain any morpheme marker referring to the masculine. See Achab (2001) for details.
7. Some kind of wooden support used for weaving.
8. The abbreviations read as follow: s for singular, m for masculine, f for feminine, p for plural.
9. Independent pronouns act as subjects.
10. As complement of verbs, nouns or prepositions.
11. These terms are technically used here. Plosives are sounds such as /t/ in the way it is pronounced in the English word ‘teacher,’ for instance. If it is spirantized, the sound evolves to a fricative, i.e. pronounced /th/ as in the English word ‘theater’. The corresponding affricate sound is the way the ‘ch’ is pronounced in the English word ‘church.’
12. More than 1120 were discovered, but not all deciphered. See Chabot (1940) and Février (1956).
13. Haut Commissariat à l’Amazighité.


References

Achab, K., 2001, ‘Changement morphosyntaxique en berbère’, Cahiers Linguistiques d’Ottawa, 29, Mai, 2001
Chabot, J.B., 1940. – Recueil des inscriptions libyques, Imprimerie Nationale, Paris.
Février J. G. , 1956. – Que savons-nous du libyque ? Revue Africaine, 100, pp. 263-273
Février J. G. (1959), – Histoire de l’écriture, Paris.
Hachid, M., 2000, Les Premiers Berbères, Aix-en-Provence: Ina-yas/Edisud.
Vergote, J., 1970, ‘Egyptian’ in Hodge, C. T., 1970 (ed.), Afroasiatic: a survey, The Hague/Paris: Mouton.


Written for the  Department of International languages, Ottawa-Carleton School Borad, Ontario Ministry of Education.

This article is copyrighted ©2001. The article may not be reprinted, partly or in its entirety, without written permission from the author.

by Karim Achab
University of Ottawa
November 2001

I. The Tamazight language and the Amazigh people


Tamazight or Amazigh language1, also referred to as Berber in western literature, is the language spoken by Amazigh people, the indigenous of Tamazgha (North Africa plus Mali, Niger and the Canary Islands). Before the arrival of the Arabs in that region, which started around the mid-seventh century, Tamazight was spoken all over the area stretching from the Siwa Oasis in western Egypt, extending westward to the Canary Islands through Libya, Tunisia, Algeria and Morocco and from the northern coast of the Mediterranean Sea extending southward to Mauritania, Mali and Niger.

Tamazight belongs to the African branch of the Afro-Asian language family, also referred to as Hamito-Semitic in the literature, along with ancient Egyptian and other African languages such as the ones called Cuchitic and Chadic languages, as opposed to the oriental or Semitic branch constituted of semitic languages. Ancient Egyptian is somehow disputed between these two branches (see Vergote, 1970). The question as to whether these languages started in Africa or the Middle East along with the Semitic languages is still controversial and goes beyond the field of linguistics since it involves archaeology, as well as pre-history and paleontology. Although the oriental hypothesis had long prevailed, recent research has brought to new evidence favoring the African alternative hypothesis (Hachid, 2000). It is too early even today to take any hypothesis for granted as more research has to be done in this field. Given the similarities, the possibility that the substrata of these languages are African with an important eastern influence from Semitic languages is the most plausible, although a western influence of Semitic languages from the African branch, namely Egyptian, is not to be excluded.2

It is difficult to put forward any number evaluating the Tamazight-speaking population because no census taking this question into consideration has ever been made in any country in North Africa since decolonization. Tamazight is still spoken today in all the aforementioned countries, with the exception of the Canary Islands, where a cultural movement claiming the revival of Tamazight is growing. Besides Tamazgha, one has to mention the Amazigh Diaspora in Europe and North America, where the Amazigh community is important.

The areas where Tamazigh is spoken are not continuous. Rather, they constitute more or less large islands distant from one another, interrupted by large arabized zones. As a result, Tamazight has survived mostly in somehow naturally ‘protected’ areas. The zones where it is spoken today are either desertic or mountainous while most of the plain zones were arabized. The lack of contact between these areas has led to an important dialectalization process. However, the nature of the dialectical variation is more phonological and lexical than syntactic (grammatical).

Except for the varieties spoken in central Morocco, which has always been referred to as Tamazight, and those spoken by the Tuareg populations, referred to as Tamachaq or Tamajaq3, most other dialects were renamed, locally referred to by names the Arab tribes gave to those areas and their inhabitants when they arrived there.

Morocco: there are three important Tamazight-speaking areas in Morocco. The variety spoken in the Riffian mountainous area (including Ayt Werrayghel, Beni Zennasen, El Hoceima, etc.) is referred to as Tarifit. This variety also includes the form spoken in Melilla and Ceuta, two enclaves located in the Riffian area, which belong to Spain. Heading south, we come across another important Tamazight-speaking area in central Morocco, stretching all along the mountainous Middle Atlas zone. Further south and west is the domain of another variety, referred to as Tachelhit, occupying the Anti-Atlas mountain area and the plains from Sous, stretching from Agadir down to Ifni on the western coast, going as far east as the Draa. The High Atlas mountains somehow represent an intermediate area between the domains of central Moroccan Tamazight and Tachelhit.

In Algeria: the Tamazight-speaking zones in Algeria are less homogenous than in Morocco. Starting from the north, Kabylia represents one of the most important areas where the language is still in use. This is also the area where linguistic and cultural awareness has highly developed among the population. The Kabylia region contains four full administrative departments, Tizi-Ouzou, Bgayet (or Bejaia), Bouira and Boumerdes, although there are some parts in the two latter departments affected by the arabization process. Kabylian Tamazight is also in use in another department, Setif, which borders Bgayet, and more precisely in At Wartilen, Bougaa and the surrounding areas. It is also spoken in the Chenoua region, from Cherchel to Tipasa, located in another department (Tipasa) and, as one heads south, in Haraoua, Metmata and Bel Halima, situated west of Algiers.

The next important area where the Tamazight language is spoken and which we come across as we are heading southwest from Kabylia is another mountainous region, bordering Tunisia, called Aures (Batna and Khenchla). The variety spoken there is locally referred to as ‘Tachawit’.

Other different Tamazight varieties are spoken in many other linguistic islands scattered in different areas such as the south Oranian region, called the Mountains of the Ksours, close to the Algero-Moroccan borders (Ain Ssefra, Figuig, Bechar, etc.) and Algerian Sahara (Mzab, Tougourt, Gourara and Touat and Tidikelt). Further south is the land of the Tuareg, a desert area which stretches into Mali and Niger.

Land of the Tuareg: The Tuareg are among the few Amazigh people to have kept using the name Tamazight, which as we said earlier is the original name of the language, although it is sometimes phonologically altered to Tamachaq, Tamajaq or Tamahaq depending on the area. Accordingly, the people refer to themselves as Imuhagh / Imuchagh / Imujagh, meaning ‘Amazigh people’ or as Kel Tmajaq / Tmachaq / Tmajaq meaning the people belonging to (speaking) the Tamazight language.

Among the areas where the Tuareg people live are the Hoggar and Tasili n Ajjer (in Algeria), and in the mountainous zones of Ayir (in Mali) and Ifoghas (in Niger). The land of the Tuareg also includes an important part in southern Libya, the zone stretching from Ghat to the vicinity of the Fezzan region, as well as some smaller zones in Mauritania and Senegal.

There are three more distinct zones where Tamazight is spoken in Libya besides that within the land of the Tuareg. Starting from the west, the zone called Ghadames, close to the southern Tunisian borders, is almost the continuation of the Ghat, yet with a different dialectical variety. The other zones in Libya include Nalout and Yefren in the Nefousa mountain area in the north, close to the southern border of Tunisia; Zouara on the north litoral; Sokna, and El Fokaha and Awdjila in the east.

In Tunisia, Tamazight is spoken in at least six villages located in the Ksours region, such as in Ghoumarassen, a village located about 300 km from Tunis, stretching south to Majora, Sened, Matmata, Zrawa, Taoujout, Tamezret, Chenini, Douirat and Foum Tatawin, as well as in the island of Djerba.

Unfortunately, the Tunisian government has always adopted strategies that end up forcing the inhabitants to leave these areas. As a result, Arabic-speaking investors take over the most touristic places, while the Amazigh move to already arabized areas.

In Egypt, the Oasis of Siwa is the only zone where Tamazight is spoken in Egypt. The contact between Egyptians and the Amazigh people goes as far back to antiquity as before 950 B.C. By that date, after the Pharaoh Psousenness II had died, an Amazigh4 called Sheshonq I became the Pharaoh of Egypt and ruled from (945-924 B.C.). Sheshonq I, the founder of the 22nd dynasty established his capital city in Bubastis. His dynasty lasted 191 years before it came to an end shortly after the death of Sheshonq V (767-730). By that time, the Amazigh dynasty had many difficulties and Osorkon IV’s rule, son of Sheshonq V who succeeded, was restricted to his home city Tanis and the dynasty’s capital Bubastis. Three millenniums later, the Amazigh presence in Egypt is still maintained by the small Oasis of Siwa where the most eastern variety of the Tamazight language is still in use.

II. A politically hostile environment

In all the above mentioned countries, the Tamazight language is facing an extremely politically hostile environment. Mali and Niger are the only countries where the local varieties are recognized as ‘national’ and the governments have tentatively accepted to cooperate with UNESCO agencies to implement their programs of illiteracy elimination programs and help settle the nomadic population. However, the Nigerian and Malian governments have always remained hostile to any further political concession and recognition. Things are even worse in North African countries (Algeria, Morocco, Tunisia, Libya and Egypt) and Mauritania where the language and human rights of the Amazigh are even denied. The arabo-nationalist regimes have always made it clear that no other identity, language and culture other than Arab would be given any official recognition. A policy of Arabization has been whose main objective is to erase Tamazight language, identity and culture. Despite the superficial ‘softening’ of this policy in Algeria and Morocco by accepting Tamazight to be introduced in some universities, the Amazigh population is convinced that the objectives and the opinion of the arabo-islamist regimes have not changed at all.

Tamazight does not have the same chances of survival in all the above-mentioned countries, not because of the nature of the regimes, all of them being equally hostile to the Tamazight language, culture and identity, but because of their numbers. While the Tamazight-speaking population is relatively high in Morocco, Algeria, Mali, Niger and Libya, it is much less so in Tunisia and Egypt, where the regimes are just waiting for its extinction. In all these areas, Tamazight has miraculously survived orally in an extremely hostile political environment. Not until very recently did the Amazigh activists start to provide it a written status. The hope is, however, permitted everywhere since the identity and cultural awareness has grown to its utmost point.

III. Tamazight morphorphology, syntax and phonology


In the present section we are going to provide some data regarding the lexicon, word order and phonetics of Tamazight.

III.1. Phonetics: Tamazight has 41 basic sounds, 3 vowels and 38 consonants.
Vowels: except from the Tuareg varieties which have developed some extra long and short vowels, Tamazight has only three (3) which are: i, u, a.

Schwa: noted as e but is not considered as a vowel.
Besides these vowels, almost all varieties have introduced the neutral vowel called schwa ?.

Consonants: the 36 consonants in use in tamazight are classified as follows:

 

Plosives

b d m t k g q ? (for ?), ? (for ? )
? ? ? ? ? ? ? (pharangealized or ‘emphatic’ consonants)
Fricatives f s z ? x ? h (for a laryngeal) , ? (pharyngeal h).
Labialized kw gw qw ?w
Nasal m n
Laterals l
Thrill r
Semi-vowels y, w (their status being between that of a vowel and that of a consonant.)
Geminates are noted by doubling the corresponding sound, dd tt gg kk qq but are not listed in the alphabet.

III. 2. Lexicon: the lexicon constitutes one of the important domains of dialectic variations among Tamazight dialects. Besides the basic Amazigh lexicon, there are a lot of loans from Arabic, French and Latin. In the Nigerian and Malian Tuareg varieties one can find loans from Haussa and Bambara respectively. Loan words are morphologically integrated in the Tamazight word structure.

III.3. Morphology: Unlike Germanic languages such as English, Tamazight is not a concatenative language. That is, the morphemes conveying grammatical information such as tense, gender, number and person, etc. do not constitute autonomous affixes. Such elements rather appear as amalgamated phonemes, vowels more often, within words.

III.4. Words: words are constituted with a consonantal root and thematic vowels. The consonantal root conveys the semantics (meaning) while the thematic vowels convey grammatical information. For instance, a root such as M?R conveys the meaning of aging, growing old, being elder, etc. It’s combination with other elements will give the following derivations among many others:

m?ar: elder (among the old),
ad yim?ur: he will grow up,
meqqer 5: he has(or is) a grown up,
ameqwran: the elder (among the youth).

III.5. Gender: Tamazight morphology makes a distinction between feminine and masculine.
Masculine: the masculine form corresponds to the neutral form of the word. This neutral form is interpreted as masculine6 by default, namely as opposed to the feminine form.
Feminine: the feminine form is indicated by a double t—t affix (the prefix t- and the suffix -t ). The feminine equivalent of the word am
?ar above is tam?art. However, there are some words whose feminine form contains only the prefix t— such as tarwa (progenitors), tasa (liver).

III.6. Number: both singular and plural forms are used in Tamazight for both masculine and feminine. There are two ways of forming the plural, the regular and the irregular. The former is obtained by alternating the initial vowel of the word and by adding the suffix -n (-in for feminine) to the singular form. The latter is obtained by altering two vowels, the initial one and an other situated within the word. These two ways are exemplified below:

 

regular form singular plural
masculine am?ar (elder) im?arn (elders)
feminine tam?art (elder) tim?arin (elders)

 

irregular form singular plural
masculine asaru 7 isura
feminine tasarut (key) tisura (keys)

III.7. Word order: Tamazight is a basically Verb-Subject-Object language [see (a) below]. The SVO order is possible but it is not the basic order [see (b)]. Because of its rich inflexion, the subject may morphologically absent [see (c)].

 

a. yeswa weqcic aman
Drank the boy water (for the boy drank water)
b. aqcic yeswa aman
The boy drank water
c. yeswa aman
Drank water (for the boy drank water)

III.8. Pronouns: Tamazight has different series of pronouns. All the pronominal paradigms contain ten (10) different pronouns as given in the following table8:

Independent9 Affixes10
paradigm subject direct indirect possessive
1s. Nek (or nekkini) -yi -yi -iw
2s.m. ke?? (or ke??ini) -k -ak -ik
2m.f. kem (or kemmini) -kem -am -im
3s.m. netta -it -as -is
3s.f. nettat -itt -as -is
1p. nekwni -a? (ana? ) -a (ana?) -nne?
2p.m. kwenwi -ikwen -awen -nwen
2p.f. kwennemti -ikwent -akwent -nkwent
3p.m. nitni -iten -asen -nsen
3p.f. niteti (nitenti) -itent -asent -nsent

 

III.9. Dialectic variation: besides vocabulary differences which should be seen as originally reflecting lexical richness, the most important criterion of dialectic variation is phonological. The different varieties of Tamazight may be classified into three different groups: plosive, fricative and affricate dialects. The latter refers to the dialects that have kept the original plosive sounds as plosives (mainly Tachelhit or Tuareg varieties) while they have evolved into fricatives (Kabylian, central Moroccan Tamazight and Tachawit among many others) or even affricates (mainly those referred to as Zenete in the literature among of which Tumzabt and Mauritanian varieties) in the two latter.11 The group that is characterized as affricate has phonologically gone a lot further. Some varieties such as Tarifit are difficult to classify as they have already moved from the fricative status but not enough to consider them as affricate. These differences do not reflect country boundaries but are older and prior to the constitution of the present different States. In Algeria for instance, all these three varieties coexist. These differences reflect the classification of inhabitant groups very often referred to as the Masmouda, Sanhadja and Zenete in the literature.

IV. The alphabets in use

Three different alphabets have unequally been used in Tamazight: Tifinagh, Latin and Arabic.

IV.1.Tifinagh, the Amazigh script system: Tamazight language has never been promoted officially. Neither by the Amazigh kings (Massinissa, Juba, etc.) at the time they were ruling Tamazgha, nor intellectually by the numerous Amazigh philosophers such as St. Augustine, Tertullien, or Apulée to mention but a few whose contribution to the western civilization is erroneously considered as Greek or Roman. Until very recently and with minor exceptions, Amazigh authors had always written in foreign languages but not in their own. Nevertheless, Tamazight did possess its own system of writing called Tifinagh, which is still in use even today among the Tuaregs. However, its use was restricted to tribute inscriptions on memorial stones or epitaph stones or epitaphs. The name Tifinagh is itself close to the way the feminine plural form of the word Phoenician is pronounced in Tamazight. However, this is not taken as proof that the script system itself derived from the Phoenician. Specialists refer to the old version of Tifinagh as Libyc or Libyan to distinguish them from the Tifinagh in use, for instance, among the Tuareg. The ancient inscriptions found all across North Africa, including the Canary Islands12, clearly show that we are dealing with two distinct varieties of old Tifinagh. It is agreed that the North African eastern variety of Tifinagh had come under Phoenician influence, but not its western variety. This led some specialists to conclude that the western variety must have existed prior to the arrival of the Phoenicians in North Africa (Février, 1959). So far, the earliest attested inscription to have been dated goes back to 138 B.C. and was found in Thugga (today’s Dougga, in Tunisia). The inscription is a tribute to the Amazigh king Missibsa. The system did not take vowel sounds into consideration; therefore only consonants were represented.

IV.2. Writing Tamazight today: there has been many attempts to adapt the Tifinagh characters to modern usage, namely by introducing new symbols in order to take vowel sounds into consideration. Although the use of Tifinagh may be considered relatively widespread among Amazigh activists in North Africa, the bulk of the existing literature is written in a Latin script system. The latter has been widely adopted in scientific, literary, schools and university circles, both in North Africa and in Europe. It is also the system that was officially adopted in Mali and Niger and more recently by the HCA13 (High Agency for Amazighity), an official and state sponsored institution in Algeria. Besides Tifinagh, attempts were made to write the Tamazight language in Arabic characters. However, the use of the latter was mostly restricted to Muslim religious circles.


Notes

1. We use the form Tamazight, feminine singular, to refer to the language as a noun and the form Amazigh, singular rather neutral than masculine, as an adjective.
2. For a very recent view of this question, see M. Hachid (2000).
3. The same name as Tamazight with the difference that the sounds /z/ and /gh/ have become /ch/ or /j/, and the sounds /gh/ + /t/ has become /q/.
4. Referred to as the Lebou in the ancient Egyptian literature. The word Lebou is only a variant of Libyan, another name under which the eastern Amazigh (today’s Libyans) were designated.
5. The velar sound qq here of the gemination of the velar
?.
6. A default masculine as the morphology of the word does not, however, contain any morpheme marker referring to the masculine. See Achab (2001) for details.
7. Some kind of wooden support used for weaving.
8. The abbreviations read as follow: s for singular, m for masculine, f for feminine, p for plural.
9. Independent pronouns act as subjects.
10. As complement of verbs, nouns or prepositions.
11. These terms are technically used here. Plosives are sounds such as /t/ in the way it is pronounced in the English word ‘teacher,’ for instance. If it is spirantized, the sound evolves to a fricative, i.e. pronounced /th/ as in the English word ‘theater’. The corresponding affricate sound is the way the ‘ch’ is pronounced in the English word ‘church.’
12. More than 1120 were discovered, but not all deciphered. See Chabot (1940) and Février (1956).
13. Haut Commissariat à l’Amazighité.


References

Achab, K., 2001, ‘Changement morphosyntaxique en berbère’, Cahiers Linguistiques d’Ottawa, 29, Mai, 2001
Chabot, J.B., 1940. – Recueil des inscriptions libyques, Imprimerie Nationale, Paris.
Février J. G. , 1956. – Que savons-nous du libyque ? Revue Africaine, 100, pp. 263-273
Février J. G. (1959), – Histoire de l’écriture, Paris.
Hachid, M., 2000, Les Premiers Berbères, Aix-en-Provence: Ina-yas/Edisud.
Vergote, J., 1970, ‘Egyptian’ in Hodge, C. T., 1970 (ed.), Afroasiatic: a survey, The Hague/Paris: Mouton.


Written for the  Department of International languages, Ottawa-Carleton School Borad, Ontario Ministry of Education.

This article is copyrighted ©2001. The article may not be reprinted, partly or in its entirety, without written permission from the author.

Ass-nni de Amar Mezdad

Ass-nni est le titre du nouveau roman de Amar Mezdad, venu achalander un peu plus la petite bibliothèque berbère. La trame se situe dans les années 90 à cette époque charnière de notre histoire récente qui a vu le pays avorter de l’espérance démocratique et accoucher d’une tragédie. Mohand Ameziane est un homme comme il en existe tant en Kabylie : ordinaire et à la vie sans sailles. Sa mère languit dans l’attente du retour d’un autre de ses fils parti au Canada. La maladie, thématique toujours présente dans l’œuvre de Mezdad, lui-même médecin de formation, la ronge tandis que le destin refuse de lui sourire en donnant une postérité à Mohand Améziane. Cette bru qui n’enfante pas devient la cible toute désignée de ses allusions désagréables. Celle-ci encaisse sans broncher, comme toute belle-fille de bonne famille.Ce personnage de la mère permet de passer en revue une somme de croyances et une représentation du monde, marquée par les mythes et les fétichismes, propres à la société kabyle. Des croyances en disparition que le roman de Mezdad consigne ainsi pour les générations futures.Comme tous les créateurs romanesques de langue kabyle, Amar Mezdad semble écrire tout en songeant à la destination de son œuvre. Celle-ci se ressent d’un certain souci pragmatique et hésite à s’offrir le luxe de la “gratuité”. Pensant sans doute aux potaches, Amar Mezdad a abouti à une forme de roman documentaire : le livre est une succession de tableaux plus ou moins indépendants, les chapitres se déploient dans une relative autonomie de façon à pouvoir servir pour des textes choisis de manuels scolaires. D’autres s’intercalent comme des avenants qui éclairent simplement sur des situations fortes ou sur des enseignements moraux, comme cette parabole de ce roi en quête de rajeunissement. Le roman décrit un écoulement des jours plutôt tranquilles mais charrie une ambiance de précarité et d’inquiétude. Il n’y a pas à proprement parler d’intrigue. Nous sommes dans l’ère des files d’attentes, dans ces usines tournant en pures pertes où les travailleurs gravissent la hiérarchie au hasard des clientélismes, à cet époque où l’Etat dotait de cheptel des villageois qui en détournaient l’usage, de cette jeunesse qui fuit un pays peu respirable pour des horizons d’Eldorado. Le roman zoome sur la quotidienneté algéroise faite de promiscuité et de mal-vie et introduit un jeune personnage qui revient au bled pour s’embarquer dans l’aventure du terrorisme islamiste.Après Id d wass (1990) et Adfel Urghu (2000), Amar Mezdad signe ainsi son troisième roman. Et c’est comme toujours un grand événement dans le petit landernau de la littérature kabyle.

M. Bessa

Depechedekabylie.com

BURURU

“Bururu”, cet oiseau de la nuit, porteur du malheur et de désolation, est le nom qu’a choisi Tahar Ould Amar pour titrer son premier roman qui vient de sortir chez l’édition Azur. L’auteur, qui vient par le moyen de ce produit littéraire, consolider le processus d’affirmation d’une nouvelle littérature amazighe, est un journaliste de son état. Ecrit dans un amazigh quotidien, accessible pour toutes et tous, ce roman se veut un témoignage d’une étape très sensible de notre histoire récente, la décennie terroriste. Publié chez l’Edition Azur, Bururu est un roman de 123 pages, format 12/18. L’illustration de la couverture est de Toufik Hadibi qui, il faut le dire, a réussi une oeuvre originale qui exprime fortement le contenu de Bururu. La préface du roman porte la signature de deux enseignants du DLCA de l’université de Béjaïa, MM. Allaoua Rabhi et Zahir Meksem.

Qui est l’auteur ?
Tahar Ould Amar est né en 1961 à Sidi Aïssa, dans la wilaya de M’sila. Après des études primaires à Aïn Bessem, moyennes à At Yenni, il se retrouve au lycée Abderrahmane-Mira de Bouira où il prendra part comme tous les jeunes de son âge à ce que l’on appellera plus tard les évènements du Printemps berbère. En 1986, il décroche le bac français au lycée Descartes (actuel Bouamama) à Alger. En 1988, après une traversée du désert qui n’aura pas trop duré, il enseigna le français dans la wilaya de Médéa. Avec l’introduction de tamazight dans le système éducatif, suite au boycott de l’année scolaire 1994/1995, il fait sa conversion vers l’enseignement de tamazight. En 1999, avec un groupe d’amis de Béjaïa et de Tizi Ouzou, il participe à la création d’un journal régional : “L’hebdo n Tmurt”, pour se retrouver actuellement à la Dépêche de Kabylie comme responsable du bureau de Bouira.

L’histoire
Dans “Bururu”, Tahar Ould Amar nous raconte l’histoire mouvementée du jeune Muh, un enfant d’une cité populaire de la capitale. Désarçonné par la beauté d’une jeune fille qui vient de passer devant lui, le jeune Moh réalisa qu’elle est la cible d’un groupe de jeunes voleurs issus de son quartier. L’ayant secourue, Moh fait la connaissance de Dounya, fille d’un haut gradé de l’armée. Ayant menti sur sa personne, s’étant présenté comme le fils d’un grand commerçant, Moh s’est retrouvé victime de son propre mensonge. En voulant dire la vérité à Dounya, qu’il fréquentait depuis quelques temps, celle-ci a eu une réaction violente et brutale : “Il faut te rendre compte que nous ne sommes pas de la même classe, il ne faut plus penser à moi”. A partir de cet instant, la vie de Moh bascula. De rêveur innocent, il devient un tourmenté qui ne vit que pour amasser de l’argent et égaler en fortune le père de sa bien-aimée. C’est alors qu’il intègre un réseau de trafiquants de voitures. Arrêté par la police, il fut jeté en prison pour quelques mois. A sa sortie, il décide d’immigrer. Du Maroc, il rentre en Espagne puis en Italie. Dans son pays, il ne trouve pas son voisin Rida, surnommé Grifa, qui s’est fait ramasser par la police. Il est pris en charge par des amis de celui-ci, deux jeunes marocains qui l’attirent dans l’univers de l’alcool et de la drogue. Sans travail, sans sa “dose”, Moh tente de voler une vieille femme. Arrêté, il retrouve Rida en prison. Depuis cette rencontre, sa vie prend une autre tournure. Il est pris dans une cascade qu’il échoue à contrôler. Membre d’un réseau islamiste, Rida insère son voisin dans son groupe. Avec finesse, Tahar Ould Amar nous introduit dans la vie intérieure des groupes islamistes. D’Italie à la France, Moh atterrit à Alger. Au lieu de rejoindre la maison familiale, il est pris en main par ses amis barbus. “Tu es recherché par la police, tu es fiché comme moudjahid !”, lui dit-on. D’Alger à Zberber, le destin le conduit vers les grottes de “Abou Ikhejdan”, l’émir de la région. Ayant assisté au massacre de tout un village, Moh dans un moment de panique du groupe, saisit l’occasion et tire en tuant l’émir sanguinaire. Depuis ce moment, il fait le maximum pour déserter du rang du groupe terroriste. Pour ce faire, il gagne la confiance de Mourad, un terroriste désillusionné et se rapproche habilement du nouvel émir qui le place comme son bras droit. Ce dernier lui accorde sa demande de mariage avec Dalila, la fille enlevée dans un village voisin et épousée malgré elle par l’émir assassiné. La fille qui séduit Moh depuis le premier jour, reprend le goût à la vie dans les bras de l’amour caressant de son nouveau mari. En compagnie de Dalila, Mourad et Nadia, Moh quitte le maquis de Zberber. Dans la gare de Boumerdès, en partance pour Alger, le groupe de “miraculés” prend place. Pour terminer son texte, Tahar Ould Amar prend le soin de clôturer son roman sans clore le problème de la violence terroriste. “… je regarde de la fenêtre, je vois deux barbus aborder la colline”. Telle est la dernière phrase du roman.

Quelques remarques
A la lecture de ce roman, nous retenons que si l’amour contrarié de Dounia, fille d’un haut dignitaire du régime a conduit Moh vers la dérive, vers le vol, la drogue et le terrorisme, paradoxalement, c’est un autre amour, celui de Dalila, fille d’un petit chef de kasma, qui le remet sur le chemin de la vie et du sourire. “Je partirais avec toi en enfer…”, phrase dite par Dalila, contraste, rassure et efface le “nous ne sommes pas de la même classe” de la fille de Hydra. Tahar Ould Amar, avec un style d’écriture dynamique et souvent plein de dérision, utilise cet amour qui éleva l’homme au rang des sains, pour décomplexer Mourad, un orphelin enrôlé par les terrorismes intégristes. En effet, celui-ci retrouve la joie de vivre à côté de la jeune Nadia qui, par peur du regard des autres et de leur cruauté, hésite à retourner dans la maison de ses parents. Nadia, comme Dalila d’ailleurs, sont deux jeunes femmes enlevées par les terroristes islamistes et obligées de se marier, l’une à un neveu de l’émir national et l’autre, à l’émir du groupe de Zberber. C’est l’exemple de centaines de femmes abaissées au rang d’esclaves sexuelles par des terroristes qui les considéraient comme de simples butins de guerre, sans aucun respect pour leur humanité. Sauvées par les deux hommes, les filles retrouvent le sourire à côté de ceux-là qui ont compris, mieux que personne d’autre, le martyre qu’elles ont subi. L’auteur touche là à un problème très essentiel de la crise violente imposée à notre peuple. Quel est le nombre de ces femmes enlevées et violées dans les maquis ? Quel sera leur avenir ? Quelles sont les mesures concrètes qui leur garantissent la réinsertion dans le tissu social ? Des questions que la lecture de Bururu provoque en nous, sans que nous soyons dans la position d’apporter les réponses. D’un autre côté, cette histoire qui commence et qui finit à Alger, dans un mouvement de départ et de retour qui a tant changé Moh et ses amis, détruit à sa façon les clichés qui sont construits au sujet de la nouvelle littérature amazighe : “Une littérature purement de combat et à thème exclusivement identitaire”. Le roman de Tahar Ould Amar, qui a traité du terrorisme est venu démentir cette idée tant répandue chez des “spécialistes/observateurs” qui hésitent encore à approcher suffisamment l’écrit en langue tamazight, se contentant d’un regard lointain et à la limite dédaigneux. “La prétention” de tamazight à véhiculer une littérature d’un niveau appréciable et de qualité leur semble une méprise, parce qu’elle bouscule quelques-unes de leurs hypothèses qui construisent leurs carrières et leurs êtres scientifiques. A défaut de côtoyer sérieusement la nouvelle littérature amazigh, beaucoup de phototypes réducteurs continuent à façonner le discours traitant de cette écriture qui, il faut le rappeler, est nouvelle. En vérité, non seulement le texte en langue amazigh est un texte à thèmes actuels et multiples, mais je dirais qu’il est en train d’explorer des thématiques que le texte écrit en langues arabe et française hésite encore à aborder… ! Bururu, un roman facile à lire, à lire au plus tôt.

Par Brahim Tazaghart

« Bururu »
Roman de Tahar Ould Amar
Editions Azur (Béjaia) 2006

Historique de l’Enseignement de Tamazight

À la suite d’une démarche initiée en septembre 2000 par un membre de la communauté (Mohand Ouldchikh) pour l’introduction de tamazight dans le Programme des langues Internationales (PLI) la réponse du Conseil Scolaire d’Ottawa Carleton (Ottawa Carleton District School Board) a été que l’introduction d’une langue dans le PLI est conditionnée par existence d’une communauté organisée qui s’engage à soutenir l’enseignement de la langue aux côtés du Conseil Scolaire. C’était  la raison fondamentale qui a conduit à la création de l’ACAOH.

L’introduction de tamazight dans le PLI était une première étape, la deuxième était celle de la codification. Avec l’aide de linguistes de la communauté, l’ACAOH a monté un dossier destiné à la commission chargée des codifications au Ministère de l’Education de l’Ontario.  La codification permet l’intégration de la langue internationale dans le processus d’obtention du diplôme d’Études Secondaires de l’Ontario en donnant la possibilité d’obtention de deux crédits sur l’ensemble des crédits requis.

Tamazight a donc été intégrée dans le programme des Langues Internationales de l’Ontario en décembre 2000 et le processus de codification a été complété une année après, en décembre 2001.

Le premier cours au niveau primaire a été donné le 09 décembre 2000 et les cours du secondaire ont débuté à la rentrée 2001-2002.

Depuis, l’ACAOH n’a cessé de soutenir l’enseignement de tamazight en y consacrant en moyenne 50% de son budget annuel (achats de ressources pédagogiques, activités parascolaires, cadeaux de fin d’année…) et en faisant du suivi et du soutien de l’école de tamazight sa priorité et un plein mandat d’un des membres de son CA.

Le suivi et le soutien sur le terrain se fait par le biais du comité de soutien  (constitué de parents d’élèves membres de l’ACAOH sous la coordination du membre du CA chargé de l’enseignement de tamazight) qui sans relâche a œuvré au développement de l’enseignement de tamazight à Ottawa.

La prise en charge de l’enseignement de tamazight au niveau secondaire par des enseignants issus eux-mêmes du programme d’enseignement de tamazight est une des grandes fiertés de l’ACAOH et aussi une preuve du succès du programme.

Signification du statut de langue internationale :
– le droit de bénéficier de la prise en charge par le conseil scolaire (ressources pédagogiques, locaux, salaire des enseignants…) au même titre que toutes les autres langues internationales (exception faite du français et de l’anglais qui sont les langues officielles du Canada).

– Après codification, l’octroi aux élèves de deux crédits qui comptent pour  l’obtention du diplôme d’études secondaires (équivalent du baccalauréat international)

– l’inscription dans la liste des langues internationales reconnues par la fonction publique.

Paliers d’enseignement :
– Primaire : ouvert aux enfants de 5 à 12 ans fréquentant l’école primaire régulière.
Type d’approche: enseignement de langue seconde.

– Secondaire : ouvert aux élèves de l’école secondaire régulière et aux adultes.
Type d’approche : mixte. Enseignement régulier aux locuteurs de tamazight et enseignement de langue seconde aux non locuteurs de tamazight.

Dates importantes :
– 16 Sep. 2000 :
Début des contacts, discussions avec le conseil scolaire d’Ottawa-Carlton-programme des langues internationales (OCDSB-ILP) en vue d’introduire tamazight comme langue internationale dans le système éducatif ontarien.

– 10 Nov. 2000 : dernière réunion avec OCDSB-ILP: Tamazight officiellement admise dans le system éducatif comme langue internationale.
La rentrée, premier cours, a été fixée pour le 09 déc. 2000.

– 09 déc. 2000: 1 er cours au primaire assuré par Mass Arav Sekhi.

– 09 mai 2001: OCDSB a approuvé l’ouverture de la classe du secondaire pour la prochaine rentrée scolaire.

– 15 Sep. 2001: 1 er cours au secondaire assuré pas Mass Karim Achab

– 19 Déc. 2001: Codification du programme n tamazight, langue internationale, au niveau du
Ministère de l’Éducation de l’Ontario.


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